Béjaïa : Le métier de casting à l’honneur

La maison de la culture de Béjaïa a offert l’occasion à des cinéphiles de s’informer sur le métier de directeur- casting en invitant  le staff fondateur de l’Agence Wojooh.

Sarah et Fouad Trifiont animer un master-class, dans la soirée de samedi dernier. Dans la grande assistance beaucoup d’étudiants et étudiantes, intéressés par les métiers du cinéma, une carrière d’acteur et de simples curieux. Wojooh est un site et une agence de distribution artistique dont la mission est de proposer des comédiens et d’organiser des castings pour différents médias. C’est la première agence du genre en Algérie où, jusque-là, le casting était peu rigoureux. Ses promoteurs, qui veulent  professionnaliser le métier ont évoqué la mise sur pied de l’entreprise. Leur constat surtout fut sans appel. Le chargé de casting ou le directeur de casting n’était pas très valorisé. «Pour faire de vrais castings, il fallait créer une agence. Le business devait remplacer le bénévolat et on a commencé avec les moyens du bord», a raconté Souad Trifi. «Si les débuts n’ont pas été un long fleuve tranquille, l’agence est devenue  une équipe rodée. C’est le fruit d’un dur labeur et ça continue de l’être», a-t-elle ajouté. «Le master class est une bénédiction pour donner au métier une image plus positive et objective», a souligné Fouad Trifi. Pour lui, «il y a d’excellents comédiens en Algérie et on a senti la nécessité de créer cet espace important pour le comédien et le réalisateur».

Univers exigeant

Le directeur ou le chargé de casting, un métier à part, se nourrit de l’expérience, de la connaissance du monde du cinéma et des comédiens. «Il faut aussi aimer les gens et être fin psychologue et  suivre les comédiens à travers les productions et exiger d’eux de la rigueur dans le travail», ont-ils expliqué. Selon eux, «le comédien doit par exemple se présenter à un casting avec son texte appris par cœur, et arriver à l’heure, sinon son casting est déjà fait. Même s’il a du talent !»

A l’actrice Imen Noël, Sarah et Fouad Trifi ont rappelé qu’on est tous un peu comédien, mais il faut être strict dans la gestion de sa carrière et persévérant. «Si on n’est pas sélectionné, ce n’est pas la fin du monde. L’expression courir les castings n’a pas été inventé pour rien et une carrière ce sont des hauts et des bas», ont-ils renchéri. A la jeune assistance, ils ont recommandé  de bien  choisir  les photos et le CV à soumettre. «Dans un  casting le physique est important», ont-ils assené.

Concernant les perspectives, les animateurs ont estimé que «tôt ou tard, le Maghreb deviendra une destination pour les chercheurs de talents». «Il nous faut nous préparer à cette perspective», arguent-ils en faisant savoir qu’ils ont reçu des demandes de l’étranger dans ce sens, même si la pandémie a ralenti les choses. La demande de jouer aussi a explosé en Algérie, comme partout dans le monde, relèvent-ils. Revenant au casting, dans leurs réponses, ils ont tenu à préciser  que  l’agence n’est pas l’Anem. Si l’agence choisit les comédiens qu’elle veut représenter, derrière le site web qui constitue sa vitrine, il y a aussi une base de données ouverte à tous. Elle y  a recours  pour proposer de nouveaux visages quand les propositions du site ne répondent pas aux exigences du réalisateur.

Ouali M.