Fermeture des frontières : La crainte des exportateurs …

Alors que les opérateurs économiques appellent à l’ouverture des frontières, c’est plutôt le maintien de la fermeture qui a été une nouvelle fois réaffirmé lors de la réunion d’évaluation de la situation épidémiologique présidée mardi par le président de la République.

«La situation est conjoncturelle et nous devons y faire face  pourvu qu’elle ne dure pas dans le temps», estime le président de l’Association nationale des exportateurs algériens (Anexal), Ali Bay Nasri. Ce dernier souligne que la situation l’impose avec la montée en cadence dès la propagation de la pandémie liée à la Covid 19,y compris chez les pays voisins. Selon lui, «c’est une réaction qui s’inscrit dans un cadre préventif. Mais, à mon sens, elle touche beaucoup plus la circulation des personnes que celle de marchandise».  Ali Bay Nasri souligne, toutefois, qu’il est primordial de trouver des solutions à même de régler cette problématique faisant remarquer qu’avec la fermeture des  frontières, notamment terrestres, l’Algérie perd des opportunités importantes à l’exportation, particulièrement en Afrique. Il proposera d’emboîter le pas aux pays voisins qui au lieu de fermer leurs frontières exigent des tests PCR aux  conducteurs de la marchandise et de renforcer la vigilance à ce niveau. «Je  reconnais que ce n’est pas vraiment évident surtout que la procédure n’est pas tellement maîtrisée. Mettre à chaque fois les personnes en quarantaine n’est pas également propice. Si la situation perdure dans le temps il va falloir trouver des solutions», a-t-il dit tout en appelant au respect des mesures barrières pour casser la chaîne de transmission. La sensibilisation doit se faire à tous les niveaux, insiste-t-il. Il fait savoir que, malgré la Covid-19, plusieurs opérations d’exportation ont été effectuées, notamment vers la Tunisie et la Libye. Il s’agit beaucoup plus de fruits et légumes, du ciment, de produits sidérurgiques… Les marchandises sont déchargées au niveau des frontières. « Avec ces restrictions en relation avec la crise sanitaire, le rythme  d’exportation ne se fait pas certes  au niveau souhaité, mais des opérations ont été effectuées. Nous avons des potentialités importantes à l’exportation qui peuvent même nous permettre d’atteindre l’objectif fixé par le Président de la République de plus de 4 milliards de dollars en hors hydrocarbures», indique Bay Nasri, qui propose, dans la foulée, de libérer les dérogations à l’exportation. L’opérateur économique Abderrahmane Benhamadi, PDG du groupe Condor, a souligné que, mis à part le problème de déchargement de la marchandise au niveau des frontières qui prend du temps et qui constitue un risque sur la détérioration des produits à l’effet du déchargement et chargement, les opérations d’exportation se font de manière ordinaire sauf qu’elles sont conditionnées par des autorisations préalables délivrées par les walis concernés. «Ce n’est pas un problème majeur», a-t-il dit. Pour sa part, Aïssa Zeghmati, expert en export, souligne que la pandémie n’a pas eu d’impact désastreux sur les opérations d’exportation dans la meure où, précise-t-il, des transits se font, notamment sur la partite sud du pays. Il souligne qu’avec l’ouverture de la ligne Alger-Nouakchott, une certaine dynamique commence à prendre forme. Le problème se pose au niveau des voyages affaires. «Et, encore, nous avons pu contourner cette problématique en trouvant d’autres techniques de communication via internet. Certes, il n’y a pas mieux que le contact direct avec les clients, c’est une conjoncture à laquelle nous faisons face.»
Wassila Ould Hamouda