La Covid-19 n’épargne plus les jeunes : Les soignants poussent un cri d’alarme

Les jeunes sont de plus en plus touchés par la pandémie depuis l’apparition des souches mutantes.

Des études ont montré la hausse du nombre de jeunes patients en soins intensifs fait suite à l’apparition des nouveaux variants. En Algérie, plusieurs praticiens font état ces derniers  jours d’un afflux important de sujets jeunes présentant des formes compliquées de la Covid-19. Une situation qui inquiète les médecins qui évoquent  la forte contagiosité des variants, notamment britannique et indien chez des jeunes sans antécédent médical. Pour le président de la Fondation pour la promotion de la santé et du développement (Forem), le Pr Mustapha Khiati, «avec les  nouvelles mutations de la souche d’origine, nul n’est à l’abri et comme dans  toute maladie virale, le risque zéro n’existe pas». «Les jeunes qui ne développent aucun symptôme et peuvent transmettre le virus à d’autres personnes nous préoccupe», lance-t-il.  Selon lui, les jeunes doivent faire attention en se conformant au respect des mesures barrières qui reste le seul moyen d’endiguer le péril sanitaire du moment que  la campagne de vaccination peine à avancer. Le Pr Khiati recommande d’étudier le profil de ces jeunes qui souffrent de formes compliquées.  Interrogé sur le risque de voir les variants (nigérian et britannique) faire plus de victimes chez les jeunes, notre interlocuteur exhorte le comité scientifique chargé du suivi de la pandémie de la Covid 19  à  fournir plus d’informations sur la circulation de ces variants. «Les variants sont réputés  pour leur rapide transmission, mais s’agissant de la virulence, elle est identique à celle du virus souche», a-t-il conclu.  Le  Dr Aït-Yahia, responsable de l’unité Covid-19 à l’hôpital de Douéra (Alger), a fait savoir que son service, qui a accueilli une jeune fille de 25 ans, est à 80% saturé. «La pandémie touche tout le monde», a-t-elle mis en garde dans une déclaration à la Chaîne III.  Le Pr Ryad Mahiaoui, membre du Comité scientifique chargé du suivi de la pandémie de la Covid-19, souligne que l’une des particularités des  variants est de ne pas épargner les jeunes et les enfants. Il citera l’Inde et le Brésil où plus de 60 % des personnes contaminées ou décédées ont moins de 45 ans. «En Algérie, nous commençons à enregistrer des cas âgés de 10 à 13 ans», confie-t-il. De son côté, le Pr Djamel Eddine Nibouche, chef du service cardiologie à l’hôpital Nafissa-Hamoud (ex-Parnet), a rappelé que l’une des caractéristiques da la recrudescence des contaminations est la présence de patients âgés de 20 à 35 ans souffrant d’atteintes pulmonaires. «Cette tranche d’âge a été épargnée lors des première et deuxième vagues, mais ce n’est plus le cas maintenant», assène-t-il. Cette catégorie de patients développant des formes graves et nécessitant une hospitalisation en soins intensifs alimente la crainte.
Samira Belabed