Décret sur l’auto-entrepreneur : Booster l’économie et absorber le chômage

 

Un décret sur l’auto-entrepreneur, qui est en cours de préparation, sera le bienvenu, selon les experts, car «cette pratique entrepreneuriale va booster l’économie nationale et contribuer à réduire le taux de chômage». Il s’agira de mettre en place les mécanismes et les conditions de l’auto-entrepreneuriat, les formes de fiscalité simplifiées et les démarches administratives allégées.

 

 

Le statut d’auto-entrepreneur ou micro-entrepreneur, explique l’expert en économie, Moncef Zemmouchi, permet aux particuliers d’exercer, à titre accessoire ou principal, une activité indépendante. «Ce statut, très répandu en Europe, permet de bénéficier d’un allègement des procédures fiscales et sociales, ainsi que de formalités déclaratives simplifiées. Ce statut non exclusif permet de tester une activité tout en continuant d’exercer son activité salariée», explique-t-il, soulignant que cette forme entrepreneuriale est en quelque sorte une modernisation de l’économie.
Généralement, indique l’expert en économie, Toufik Hantabli, une loi sur l’auto-entrepreneuriat permet au promoteur individuel d’exercer son activité dans son lieu de résidence, et cette activité pourrait être principale ou secondaire. «Dans certains pays, on accepte même le cumul de fonctions, à savoir travaillez la journée dans une entreprise, et avoir en même temps un microprojet, avec une double cotisation. Les retraités également peuvent être auto-entrepreneurs. Ce principe est très adapté au marché de niche ou bien en développement et pourrait être étendu dans différents segments de marché», dit-il. Dans ce projet de décret, poursuit-il, il s’agira de mettre en place les mécanismes et les conditions de l’auto-entrepreneuriat, les formes de fiscalité simplifiées et les démarches administratives allégées. «C’est une activité, en outre, qui pourrait être lancée avec des ressources limitées, et les activités économiques concernées par ce décret sont généralement en dehors des activités déjà réglementées. Généralement, ce mode entrepreneurial est adopté quand un pays a un taux de chômage élevé, chez les jeunes diplômés surtout, un marché informel important, un taux de création d’entreprises très faible et de grands obstacles administratifs», révèle-t-il. Ce modèle est utilisé aussi, fait-il savoir, pour permettre le transfert de connaissances et de compétences. Un retraité, par exemple, qui a acquis une expérience et un savoir-faire, pourra créer des microprojets pour transférer son expertise aux jeunes. De même que les salariés qui disposent de multitudes de compétences et qui ne peuvent pas, pour une raison ou une autre, transférer leurs connaissances dans leur milieu professionnel. «Les secteurs concernés par l’auto-entrepreneuriat sont surtout l’artisanat et les petits métiers, la plomberie, la poterie, la pâtisserie ainsi que les technologies de l’information, l’économie numérique, le consulting ou la communication», rapporte-t-il. Comme apport, il va contribuer à l’augmentation des recettes fiscales ainsi que les recettes de la Cnas ou de la Casnos, à la réduction du taux de chômage et du marché parallèle et la création des opportunités d’emploi. «Il va soutenir les couches sociales vulnérables dans la création de leurs microprojets, les femmes au foyer surtout qui ont un métier artisanal et permettre aux personnes physiques d’avoir un complément de revenus, ou aux retraités un complément de pension afin de réduire les effets de la diminution du pouvoir d’achat», assure-t-il.
Un financement et un accompagnement adaptés
Cependant, ce mécanisme exige, selon lui, une communication et une sensibilisation d’envergure sur ce concept, en utilisant les associations, les médias, les universités, les agences d’emploi, un mode de financement adapté qui soit plus accessible et simplifié, un accompagnement dans la partie management, commercialisation et marketing et facilitation des modes du e-paiement et du e-commerce. «Ce type d’entrepreneuriat est devenu le centre d’intérêt de plusieurs pays, notamment ceux qui ne disposent pas de ressources ou ont des ressources limitées. Dans notre cas, il pourra être une issue vers une transition économique et une économie hors hydrocarbures», précise-t-il. L’auto-entrepreneuriat n’est pas, toutefois, sans désagréments, selon Zemmouchi. «Dans ce système, le seuil du chiffres d’affaires, par exemple, est limité annuellement. Ce système présente, en outre, un manque de crédibilité par rapport aux autres systèmes sociétaires. Je pense, néanmoins, qu’il sera bénéfique à l’essor économique. Car il va accélérer la création de nouvelles entreprises. Mais avons-nous les outils nécessaires pour la mise en œuvre et pour le contrôle de ce système ? Avant de mettre en place un statut avec toutes les modalités et conditions, on devrait d’abord effectuer une étude sérieuse en termes de faisabilité et d’adaptation à la réalité algérienne en termes de bureaucratie et de services», conclut-t-il.
Farida Belkhiri