Programmes de l’enseignement supérieur : La nécessaire révision du contenu

La révision du contenu des programmes de l’enseignement supérieur qui vise à actualiser et à moderniser les connaissances n’est pas pour demain. 

«Le classement mondial des universités algériennes aux derniers rangs en est une preuve de leur déliquescence. Au moment où de grandes écoles produisent elles-mêmes leurs programmes en exploitant les nouvelles découvertes, notamment dans les sciences médicales et exactes, nos universités ne sont pas même pas capables d’actualiser seulement les programmes», a soutenu le secrétaire général de l’Ugel, Samir Ansel. Des étudiants studieux font eux-mêmes des recherches sur le net pour se renseigner sur les nouvelles données publiées par des universités prestigieuses dans le monde et être à jour. «Durant les conférences, certains étudiants n’hésitent pas à interpeller les enseignants sur telle ou telle avancée réalisée dans un domaine précis. A ce titre, il est essentiel de noter que le contenu s’améliore grâce à la recherche. Entre étudiants, le débat est lancé sur l’archaïsme des programmes et l’urgence de les adapter aux avancées scientifiques et technologiques. Toutefois, ceci est du ressort des professeurs et des responsables du secteur», a encore ajouté Samir Ansel. Dans ce sillage, l’enseignant universitaire Abdelatif Korzabi estime que «l’Université algérienne n’a pas produit d’élite intellectuelle depuis plus de 20 ans». «Nous dispensons des cours avec plein de connaissances, mais sans les accompagner d’éléments d’analyse qui permettent aux étudiants de faire leur propre lecture. L’Université produit par conséquent des techniciens et non des intellectuels, notamment en sciences sociales et humaines. Elle accomplit de fait la mission des centres de formation professionnelle», a fait remarquer l’enseignant. S’agissant de la révision des programmes de l’enseignement supérieur, il a indiqué qu’aucun débat n’est lancé au sein de la communauté universitaire.
En outre, le SG de l’Ugel a mis en exergue les efforts consentis pour actualiser les programmes des premières années à l’occasion de l’enseignement à distance suite à la crise sanitaire. «La pandémie a le mérite d’obliger enseignants et responsables du secteur à se pencher sur le contenu. A l’occasion de l’enregistrement des vidéos à diffuser sur les plateformes mises en œuvre par les universités, il a été également question d’introduire des changements et d’actualiser», a-t-il fait savoir.
En sciences médicales, selon lui, on a entamé cette démarche bien avant la pandémie. «L’introduction des nouvelles technologies et de l’intelligence artificielle dans les soins n’a pas laissé sans réagir les facultés de médecine. Dans le cas contraire, les futurs médecins seront en retard d’une guerre et peuvent mettre en danger des vies humaines. Ils sont obligés d’être au diapason des nouvelles méthodes de soins et surtout la maîtrise des équipements médicaux», a indiqué Ansel.
Par ailleurs, il évoque un autre problème. «Les programmes d’enseignement ne sont pas similaires dans toutes les universités. Après l’introduction du LMD, des groupes d’enseignants dans différentes facultés ou écoles,  avec  l’accord de leurs responsables, ont fourni des programmes en conformité avec le système LMD. De fait, les examens pour accéder au doctorat posent un sérieux problème. Certains étudiants disent n’avoir pas étudié un thème contenu dans les questions. C’est un vrai casse-tête », a-t-il relevé.
Karima Dehiles