Libye : Réunion du Conseil de sécurité pour discuter de l’évacuation des mercenaires

Le Conseil de sécurité tient, ce jeudi, une réunion informelle pour discuter de l’évacuation des mercenaires et « combattants » étrangers de la Libye, au moment où les craintes s’accentuent sur l’effet potentiellement déstabilisateur de la présence des forces étrangères sur les pays voisins.

Initiée par le groupe A3+1 (Kenya, Niger, Tunisie et Saint-Vincent-et-les Grenadines), cette réunion informelle verra notamment la participation de  l’émissaire onusien pour la Libye, Jan Kubis, et des ambassadeurs du Tchad et de la Libye auprès des Nations-Unies.
Selon des sources proches du Conseil de sécurité, le groupe A3+1 souhaite discuter des mesures susceptibles de soutenir l’accord de cessez-le-feu en Libye, y compris celles liées au désarmement, à la démobilisation et à la réintégration, considérant que la présence étrangère pouvait compromettre  le processus politique engagé dans le pays maghrébin.
Il y a lieu de rappeler que ces craintes ont été soulevées par le Niger, au nom du A3+1, le 6 avril lors d’une réunion du Conseil de sécurité sur le  Mali. Les menaces que présentent la présence de mercenaires pour le Mali et le Sahel inquiète au plus haut point les pays de la région.
La situation au Tchad a illustré récemment l’effet potentiellement déstabilisateur de la présence de forces étrangères en Libye.
Le Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT), le groupe des rebelles, désigné responsable de la mort du président Idriss Déby, a trouvé refuge dans le sud de la Libye. C’est depuis cette région que les rebelles ont mené une incursion dans le nord du Tchad.
En Libye, le FACT s’était d’abord engagé aux côtés des forces de Misrata, à la fois contre l’Etat islamique et les forces du général Khalifa Haftar  avant de se rapprocher de ce dernier.
En 2017, le groupe tchadien a conclu un pacte de non-agression avec Haftar. Deux ans plus tard, il participe avec les forces de Haftar à l’assaut de Tripoli.
Selon un récent rapport, du groupe d’experts sur la Libye, crée par la résolution 1973 (2011), présenté le 15 mars au Conseil de sécurité, et qui a couvert la période allant du 25 octobre 2019 au 24 janvier 2021, l’activité des mercenaires a augmenté en Libye et dans un certain nombre de  pays inscrits à l’agenda du Conseil de sécurité.
Quelques 20.000 combattants entre forces étrangères et mercenaires sont présents en Libye en dépit de l’accord de cessez-le-feu, selon des  estimations fournies, par l’ancienne envoyé intérimaire de l’ONU en Libye, Stéphanie Williams.
Leur présence soulève des craintes, alors que le pays s’achemine vers des élections présidentielles le 24 décembre prochain.