Les influenceuses harcelées

Le phénomène de l’intimidation sur les réseaux sociaux ne cesse de prendre de l’ampleur sur la toile algérienne. Des d’influenceuses et influenceurs connues pour leur spontanéité et leur bonne humeur qu’ils partagent avec leurs millions de fans sur Instagram sont victimes d’attaques verbales, haineuses et parfois sexistes.

Le phénomène des bourreaux virtuels prend des proportions alarmantes selon des internautes qui tirent la sonnette d’alarme. Il n’est d’ailleurs pas obligé de cumuler des millions de followers pour faire face aux comportements haineux de certains, quelques milliers suffisent pour déclencher un effet boule de neige. On reproche principalement aux influenceurs d’être des «panneaux publicitaires», à afficher des marques sur leurs profils à longueur de journée et à étaler leurs moindres faits et gestes sur la toile. Une ancienne influenceuse, Yaya, a fermé son compte Instagram, avec près de 500.000 abonnés. «Je n’en pouvais plus. Il y avait trop de pression au quotidien. J’ai fait un burn-out», nous a-t-elle confié. Elle aurait reçu près de 100 messages en privé quotidiennement et certains, un peu trop insistants, renvoient des messages dans l’espoir d’en recevoir une réponse. «On n’hésitait pas à mal me parler sous prétexte que j’étalais un peu trop ma vie sur les réseaux. Après plusieurs expériences du genre, j’ai décidé de désactiver mon compte et d’en ouvrir un autre privé, seulement pour les amis et la famille», a-t-elle poursuivi. Elle fera savoir que la tendance est mondiale et que tous les influenceuses et influenceurs des réseaux sociaux sont confrontés aux intimidations. D’autres, comme Amira Riaa, Numidia Lezoul, Dalia Chih ou encore plus récemment Bouchra Okbi, sont quotidiennement harcelées sur Instagram. La créatrice de mode et blogueuse Amina Riaa confie dans ses vidéos postées sur les réseaux le calvaire qu’elle endure face aux intimidations. La pire de toutes est sans nul doute celle où elle a été prise de bashing sur Instagram après avoir posté une photo d’elle en compagnie de son nouveau-né. En réaction, des milliers de commentaires à caractère haineux et choquants fusent de partout. Des comportements qui ont soulevé l’indignation auprès de nombreux internautes. Une large campagne de solidarité avec la jeune influenceuse a largement été suivie par sa communauté dans le pays et à l’international. Dalia Chih, une autre artiste très suivie sur les réseaux sociaux est fréquemment injuriée pour son style. Elle s’est plainte à maintes reprises suite aux injures répétées via les plateformes sociales et s’est attirée les foudres de la communauté Instagram, notamment après sa participation à Arab Got Talent ou encore «The Voice» en France. «Les commentaires méchants étaient souvent liés à ma coupe et à la couleur de mes cheveux mais aussi à ma façon de m’habiller», a-t-elle signalé sur une vidéo live. D’autres influenceurs sont les cibles de haters qui n’hésitent pas à les bombarder de critiques et d’attaques en tout genre. Farouk, plus connu sous le pseudo «Rifka», assure dans un de ses lives en avoir assez des messages haineux postés à son égard, ajoutant qu’il aurait aimé vivre sa vie d’adolescents comme les autres, sans avoir à subir les critiques des autres.
Walid Souahi