Libye : L’ONU craint une dispersion des mercenaires dans les pays de la région

Le Conseil de sécurité de l’ONU a tenu jeudi sa première réunion consacrée au risque d’une dispersion des mercenaires présents en Libye dans les pays de la région, illustrée par les évènements au Tchad qui ont conduit à la mort de son Président.

Selon des diplomates, le nombre de mercenaires étrangers en Libye est estimé à «plus de 20.000, dont 13.000 Syriens et 11.000 Soudanais». Leur départ est demandé par les nouvelles autorités libyennes, et depuis plusieurs mois par l’ONU et les grandes puissances.
Cette session, à huis clos, avait été demandée par les membres africains du Conseil de sécurité (Kenya, Niger et Tunisie) bien avant le décès, il y a dix jours, dans des conditions toujours imprécises, du président Idriss Déby Itno, monté officiellement au front après une offensive de rebelles tchadiens venus de Libye. Mais jeudi dernier, les 15 membres du Conseil de sécurité ont tous établi un lien  direct entre le retrait de Libye des mercenaires et combattants étrangers avec ce qui s’est passé au Tchad, selon deux sources diplomatiques.» Avec un lien de cause à effet comme celui-là, les lignes vont changer dans les jours et semaines à venir», prédit l’une d’elles. Avec ce qui s’est passé  au Tchad, on ne parle plus «dans le vide», relève-t-elle.
Vendredi dernier, l’armée tchadienne a assuré avoir tué «plusieurs centaines» de rebelles en 48 heures dans l’ouest du pays. Les combats qui opposent l’armée au groupe rebelle du Front pour l’alternance et la concorde au Tchad (FACT) se déroulent depuis mi-avril dans  la région désertique du Kanem, le long de la frontière avec le Niger. Le FACT avait lancé depuis la Libye son offensive contre le pouvoir le 11  avril, jour de l’élection présidentielle remportée par le président Déby, avec  près de 80% des suffrages selon des résultats officiels rendus publics quelques heures avant l’annonce de son décès, des suites de blessures reçues au front  selon l’armée. Les rebelles avaient promis de marcher sur N’Djamena mais ils  avaient rapidement été stoppés notamment par des bombardements intenses de  l’armée. «Les Forces de Défense et de Sécurité ont fini de traiter la bande de rebelles qui avait fait incursion vers Nokou (…) le 29 avril», a assuré vendredi soir le porte-parole de l’armée, le général Azem Bermandoa Agouna, dans un communiqué, deux jours après l’annonce d’une nouvelle offensive du FACT  dans cette zone située à quelque 200 km à vol d’oiseau au nord de la capitale  N’Djamena. «Côté ennemi, plusieurs centaines de rebelles neutralisés, 66 fait prisonniers», ajoute le général Bermandoa, en déplorant six soldats tués.
  Basé, depuis sa création en 2016, dans le sud de la Libye, le FACT et ses  colonnes de pick-ups sont d’abord descendus à partir du 11 avril vers le sud en  passant la frontière Tchad-Libye, puis sont passés par le Niger, et enfin sont revenus au Tchad dans le Kanem. Là, de violents combats les ont opposés la semaine dernière aux troupes gouvernementales. L’armée avait déjà assuré, la veille de l’annonce de la mort  du maréchal Déby, avoir tué 300 rebelles. Et 246 autres avaient été capturés et  déférés au parquet de N’Djamena, selon la justice. Les combats ont continué dans la zone de Nokou, dans le département du nord-Kanem. Jeudi dernier, un hélicoptère de l’armée tchadienne s’y est écrasé au  sol, à la suite d’une «panne technique» assurait l’armée, le FACT, affirmant  avoir abattu l’aéronef.