Malika Mokrani, biologiste : « Une troisième vague de la Covid-19 n’est pas à écarter »

 

Les professionnels de la santé ont, depuis quelques jours, intensifié les messages d’alerte à travers les médias quant à une possible troisième vague de contaminations, avec plus de 230 cas par jour enregistrés à la fin de la semaine dernière. Les Algériens ayant abandonné les mesures préventives, une remontée lente et progressive des contaminations est de plus en perceptible.

Une situation qui inquiète les autorités sanitaires, dont le Dr Riadh Mahiaoui, membre du Comité scientifique de suivi de la pandémie du coronavirus, qui a indiqué que «la menace de la Covid-19 est toujours présente, d’autant plus que nous n’avons pas percé tous les secrets de la pathologie et que le rythme de vaccination est très lent, comparé à ce qui se fait actuellement en Europe». Pour lui, l’émergence de nouveaux variants, britannique et nigérian, vient compliquer la situation.
Malika Mokrani, biologiste et membre de la Fédération nationale des travailleurs de la santé, partage la même inquiétude face aux mutations du virus. Elle appelle, dans ce cadre, les citoyens à faire preuve de vigilance et à continuer à respecter les gestes barrières, déplorant le laisser-aller des citoyens, qui ont renoncé au respect des règles de base, à savoir le port du masque, le lavage fréquent des mains et la distanciation sociale, notamment dans les espaces publics. «Une catégorie de personnes refuse toujours de croire en l’existence du virus, en dépit des conséquences sanitaires, économiques, sociales et environnementales que tout un chacun peut constater», souligne-t-elle. Une deuxième catégorie, dit-elle, «est de moins en moins encline à porter correctement le masque, observer la distance physique et les mesures d’hygiène», précisant que «d’autres, sous prétexte qu’ils ne supportent pas le masque ou qu’ils n’ont pas les moyens de se l’acheter, refusent de se plier à ce geste barrière».  Pour elle, les mesures d’hygiène et de distanciation sociale sont de moins en moins observées dans les marchés, les transports en commun, les administrations, les files d’attente…  «Une situation qui profite du manque de contrôle et de l’absence de mesures dissuasives», indique-t-elle. Mme Mokrani estime nécessaire de relever le niveau de vigilance pour éviter le reconfinement. Et pour ce faire, elle propose des mesures coercitives envers les contrevenants.  «On doit impérativement revenir aux restrictions qui avaient déjà été imposées au niveau des grandes surfaces et des transports en commun. A cela il faudrait ajouter l’intensification des campagnes de sensibilisation avec l’implication effective de la société civile. Celle-ci a un grand rôle à jouer dans la vulgarisation de l’information et la prise de conscience des citoyens sur l’importance de redoubler de vigilance», explique-t-elle. MmeMokrani prévient que la lutte contre
l’épidémie se sait sur le long terme, sachant que plusieurs pays sont déjà touchés par la troisième vague. Car selon elle, si la situation demeure maîtrisable dans la plupart des wilayas, des unités Covid commencent à être saturées, à l’image de ceux de Blida, Sétif et Skikda.
«La situation épidémiologique a connu certes une stabilité, voire un recul dans le nombre de contaminations, mais le risque d’une troisième vague n’est pas à écarter, d’autant plus que le nombre de personnes ayant été détectées positives a connu une hausse significative ces dernières semaines», affirme la biologiste.
Assia Boucetta