Les variants inquiètent : Les spécialistes appellent à une augmentation des capacités de séquençage   

Après une période d’accalmie, l’Algérie enregistre, à nouveau, une flambée de cas de contamination par la Covid 19.

Plusieurs indicateurs, comme  l’augmentation du nombre de consultations, de décès, d’admissions dans les  services de réanimation et l’apparition des variants britannique et nigérian l’attestent. Des praticiens de la santé craignent que ces derniers prennent le dessus sur la souche d’origine et constituent un réel danger. Tous soulignent   l’urgence de mettre en place une stratégie pour freiner cette évolution et éviter une troisième vague qui sera plus dévastatrice car les variants sont connus pour leur rapidité de transmission.
Pour éviter le scénario que des pays comme l’Inde et le Brésil sont en train de vivre, le citoyen est exhorté au respect des mesures barrières, seul moyen de se protéger et d’arrêter la croissance de la courbe.
Dans son dernier bilan, l’Institut Pasteur d’Algérie (IPA) a confirmé 28 nouveaux cas de variant britannique et 42 nouveaux cas de variant nigérian. Le nombre total de cas confirmés s’élève à 130 cas pour le premier dont 30 % sont recensés dans la wilaya d’Alger et à plus de 200 cas pour le second.
Pour le directeur général de l’IPA, Dr Faouzi Derrar, la vraie source d’inquiétude pour les spécialistes et l’Organisation mondiale de la santé est le variant britannique qui possède une grande vitesse de transmission. «On veut éviter à l’Algérie ce qui est en train de se passer en Inde, au Brésil et dans toute l’Europeoù ce variant est en train de remplacer complètement la souche d’origine», a-t-il soutenu. Ce directeur ne manque pas de lancer un appel aux citoyens qui, selon lui, «doivent prendre la mesure de la gravité de la situation et adopter en urgence de nouveaux comportements pour épargner au  pays une crise sanitaire». Le Dr  Derrar rappelle  également les dangers du  variant nigérian. «C’est une  source d’inquiétude, mais là où il est apparu en  France, au  Canada et en Allemagne il est en déclin. C’est la raison pour laquelle l’OMS l’a classé comme un variant sous surveillance», explique t-il. Enfin, à l’en croire «le nombre de cas enregistrés en Algérie connaîtra une baisse au cours des  prochains jours».
De son coté, le Pr Ryad Mahiaoui, membre du Comité scientifique chargé du suivi de la pandémie de la Covid-19, met en garde contre la dangerosité de tous les variants qui, précise t-il, «sont une mutation de virus SARS-Cov2 mais plus résistants». Il reconnaît la  difficulté de séquencer toutes les PCR positives pour connaître la véritable  situation. Pour  lui, connaître la situation exacte de ces variants dépend des capacités de séquençage. «Or, pour le moment, seul l’IPA procède à ces analyses», note-t-il. Autrement dit, avec des  capacités aussi  réduites, le maintien des mesures barrières est la seule arme contre toute propagation à grande échelle de la pandémie. «L’Algérie doit développer ses capacités de séquençage et remettre en marche les séquenceurs à l’arrêt pour voir clair», conclut-il.
Samira Belabed