Mohamed Bouziane, ancien international de handball : «Le Ramadhan au temps de la Covid est gérable»

Il était une star quand le handball algérien n’avait pas encore perdu sa notoriété. Mohamed Bouziane, qui a plié bagage depuis des années pour s’installer en France, arrive à gérer le mois sacré qui coïncide une nouvelle fois avec la propagation du coronavirus. Résidant à Aubagne, dans le sud de la France, il n’a pas hésité à nous donner de son temps sur l’application WhatsApp pour nous raconter comment il vit le Ramadhan avec sa petite famille.

Jeûner en temps de la Covid-19 est-ce vraiment un ramadhan comme on le connaissait ?
Faire le jeûne en pleine pandémie n’est pas comme ce fut le cas durant les dernières années. Mais, on essaye de s’adapter à une situation sanitaire dont on n’est pas habitués. On essaye de gérer le mois et avec de très bonnes conditions. De mon côté, je vis sans soucis le Ramadhan dans la ville d’Aubagne. Question prix, on n’a pas une flambée notamment durant ce mois sacré. Sur le plan religieux, les mosquées sont ouvertes pour faire les prières sauf celles du Maghreb, El Icha et El Tarawih. J’ai apprécié le geste du maire de la ville qui nous a souhaités à la mosquée un bon Ramadhan, alors qu’il est chrétien.
Qu’est-ce qui a changé pour vous à la maison et en dehors ?
 Le grand changement est de faire la prière à partir du Maghreb jusqu’à El Tarawih à la maison avec la petite famille. C’est une occasion en or de partager le côté spirituel avec nos proches. En dehors de la maison, c’est le confinement à 19 heures qui parfois nous cause une course contre la montre pour faire nos achats et régler nos affaires.
Qu’est-ce que vous appréciez et qu’est-ce qui vous importune durant ce mois ?
J’apprécie beaucoup ce mois pour rester longtemps aux côtés de ma femme et mes enfants. Ce qui m’importune en revanche est de ne plus entraîner mes athlètes dans les gymnases fermés à titre préventif à cause de la pandémie. A vous d’imaginer à quel point cette inactivité est gênante pour moi qui a toujours été actif durant une grande partie de l’année.
De quel tempérament êtes-vous durant le mois sacré ?
Avec une bonne hygiène de vie, je suis une personne calme qui ne change pas d’un iota question tempérament. Je suis disponible pour que rien ne manque à ma famille ni à mes enfants. C’est cela mon plus grand plaisir avant d’être mon devoir.
Êtes-vous un bon cuisinier ?
Je laisse le soin à la femme de bien garnir la table. Toutefois, je suis un homme qui aime aider mon épouse qui est mobilisée dès les premières heures de la journée pour nous faire tout type de plats. Je profite également de ma présence à la maison pour l’aider à donner à manger aux enfants.
 
Que dites-vous sur le phénomène du gaspillage qui atteint des records durant le Ramadan ?
Avant de gaspiller, il faut penser aux familles démunies qui n’ont pas de quoi se permettre un poulet ou un kilogramme de viande. J’ai toujours été adepte de ne rien gaspiller. D’ailleurs, on a habitué nos enfants à manger des plats cuisinés la veille. J’appelle tous les Algériens à réfléchir deux fois avant de jeter de la nourriture dans les poubelles, car il y a des personnes qui en ont besoin. Je saisis l’occasion pour souhaiter un bon Ramadhan à tout le peuple algérien et surtout à ma grande famille et à tous mes amis.
Entretien réalisé par Adel K.