Calligraphies et miniatures au Musée des Beaux arts : La touche algérienne

Dans le cadre du mois du patrimoine, le Musée national des Beaux arts abrite, depuis jeudi, une exposition de calligraphies, de miniatures et de dorures. «Liens et continuité» regroupe huit artistes.

L’exposition a été inaugurée par la ministre de la Culture et des Arts. Pour  Malika Bendouda, l’exposition prouve l’existence d’une touche artistique et d’une école algérienne qu’il faudrait préserver et encourager en incitant les jeunes artistes à s’orienter vers cet art et s’imprégner de cette touche».  «C’est une fierté de voir que nous avons des sommités dans ce domaine et nous souhaitons mettre leur expérience au profit des jeunes générations pour assurer la continuité, par l’ouverture d’ateliers de formation qui seront encadrés par ces maîtres», a-t-elle poursuivi. La ministre a insisté sur l’introduction de la calligraphie arabe dans les écoles artistiques notamment l’Ecole supérieures des Beaux arts». Par ailleurs, elle a invité les exposants à encadrer les jeunes artistes qui participeront au festival national de la calligraphie qui se tiendra durant le mois de mai, et s’est engagée à prendre en considération et accompagner cet art  et à valoriser  l’école algérienne de calligraphie en perpétuant la tradition instaurée par les frères Racim ».
Abdelkader Boumala, professeur de calligraphie à l’Ecole supérieure des beaux arts a rappelé que la calligraphie pratiquée que par les copistes qui rédigeaient les manuscrits  est  un art qui remonte au début du colonialisme. Selon lui, c’est avec la famille Racim qu’il est devenu art à part entière. C’est avec les frères Omar et Mohamed Racim que nous pouvons parler d’école algérienne de calligraphie et de miniature». C’est après l’indépendance, précise  Boumala, «que le professeur Mohamed Cherifi a introduit cet art à l’école des beaux arts, et la plupart des ces artistes qui exposent aujourd’hui sont ses élèves». «A partir des années 1980, la calligraphie a commencé à se répandre  notamment avec les semaines culturelles et les concours de calligraphie arabe», renchérit-il.
 Nous avons en Algérie un grand nombre de calligraphes, mais, déplore-t-il, «ils sont pour la majorité des autodidactes, à part quelques uns qui ont fait les écoles étrangères en  Egypte ou en Turquie». «Il est indispensable d’introduire cet art dans toutes les écoles de beaux arts pour pouvoir former des artistes avec des normes académiques», recommande-t-il. Sur un autre plan, il soutient que les artistes doivent être encouragés par l’Etat en achetant leurs œuvres  pour leur permettre de vivre de leur art. Boumala  regrette  que le Musée national de l’enluminure et de  la miniature n’ait jamais acheté d’œuvres d’artistes algériens. «En dehors des œuvres de la génération des frères Racim, aucun artiste actuel ne figure dans les collections de ce musée», lâche-t-il un peu amer.
En plus de celles de Boumala, l’exposition qui se poursuit,  jusqu’au 28 mai prochain,  contient des œuvres de  Mohamed Cherifi, Ali Kerbouche, Tahar Boukouri, Mohamed Bouthlidja, Mohamed Behiri, Abderrazak Mezouane et Redha Djemai.
Hakim Metref