Presse : Le numérique «déchire» le papier

La presse écrite se meurt à petit feu. La «révolution numérique» est passée par là. La version papier ne séduit ni les annonceurs ni les lecteurs, du moins pas comme avant.

Les ventes de journaux dans les kiosques ont fortement chuté. Inversement, la presse électronique fait son chemin. Les visites sur le numérique progressent pour de nombreux titres. De toutes parts, l’on estime que l’édition numérique et numérisée est en train d’enterrer la presse traditionnelle qui subit   le même sort que la calèche après l’apparition de l’automobile. La transition numérique de la presse écrite est perçue comme une «nécessité impérieuse». D’aucuns prédisent déjà sa fin soutenant que l’avenir est dans les portails électroniques d’information. Entre 2010 et 2018, il a été enregistré une baisse de 80% des tirages de journaux en papier, avait déclaré à la presse le ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, Ammar Belhimer, en marge des Assises nationales sur l’économie de la connaissance.  Le  taux  a encore régressé depuis la pandémie du coronavirus à cause de la non-distribution de ces journaux. Belhimer a fait savoir que «70% des lecteurs en Algérie accèdent, actuellement, à l’information par le biais de la presse électronique», annonçant l’enregistrement de 45 sites d’informations électroniques sécurisés.  L’objectif était d’atteindre une centaine avant le début de l’été prochain, selon le ministre.
Un cadre juridique…
La loi organique numéro12-05 du 12 janvier 2012 relative à l’information, prévoyait déjà l’existence de la presse électronique. Ladite loi précise dans son article 67 qu’«il est entendu par presse électronique tout service de communication écrite en ligne destiné au public ou une catégorie de public, édité à titre professionnel par une personne physique ou morale de droit algérien qui a la maîtrise de la ligne éditoriale de son contenu». L’article 68 stipule que «l’activité de presse écrite en ligne consiste en la production d’un contenu original, d’intérêt général, renouvelé régulièrement, composé d’informations ayant un lien avec l’actualité et ayant fait l’objet d’un traitement à caractère journalistique. Les publications diffusées en version papier n’entrent pas dans cette catégorie lorsque la version mise en ligne et la version originale sont identiques». L’année dernière, le gouvernement a adopté un cadre juridique pour la presse électronique. Il s’agit du projet de décret exécutif relatif aux modalités d’exercice de l’activité d’information en ligne et de diffusion de mise au point ou rectification sur le site électronique. Le texte clarifie que l’activité d’information en ligne est soumise à la publication à travers un site électronique, dont l’hébergement est exclusivement domicilié, physiquement et logiquement en Algérie, avec une extension du nom de domaine «.dz». Précision:  la majorité des journaux en ligne sont hébergés à l’étranger, principalement en France.  Amar Belhimer a souligné que les dispositions prévues dans ce nouveau texte expriment une «volonté de poser une base référentielle de clarification par rapport à son fonctionnement, compte tenu de son mode d’expression et de son support de diffusion (internet)». L’absence d’un cadre légal de l’exercice de la presse électronique a été souvent décrié par les éditeurs de la presse électronique. Ces derniers affirment que la presse électronique souffrait notamment de la faiblesse du débit internet et du problème de  manque de la publicité pour assurer une existence durable. Sur ce, le ministre de la Communication dira : «Nous allons soutenir la presse électronique et notre ambition est la création par les jeunes diplômés de sites électroniques notamment de proximité et spécialisés.»
Amokrane H.