Maison de verre

Invité de la rédaction sur la chaîne 3, «du matin» sur la chaîne 1 ou forum sur la chaîne 2 et de nombreuses radios locales. Les dénominations peuvent différer mais le principe est le même. On a même décalqué la formule en consacrant des débats aux questions internationales ou économiques et depuis peu à la santé. Jamais  experts et praticiens n’ont été autant sollicités, voire harcelés. Des fois, on a l’embarras du choix. Hier, pendant que chez Souhila El Hachemi, la présidente du Croissant-Rouge algérien parlait de son rôle et de ses actions de solidarité, Samir Ardjoun, enseignant à l’Ecole supérieure de journalisme abordait sur la chaîne 2 les mutations radicales de l’univers médiatique en termes de production et de consommation. Journée internationale de la liberté oblige, Ahmed Beldia, conseiller du ministre de la Communication, était de passage, au même moment à la chaîne 1. Il  répondait sans détours à toutes les questions qui préoccupent les journalistes (déontologie, accès aux sources, dépassements des médias étrangers) et les enjeux liés à l’information remodelée de fond en comble par les réseaux sociaux. Il annoncera notamment que le nouveau code de l’information sera présenté devant la prochaine APN et rappellera que «la liberté ne doit pas sacrifier les intérêts du pays et servir des agendas étrangers». Jamais, hormis durant la parenthèse enchantée ouverte par les événements d’octobre 1988, la parole ne s’est autant déversée des ondes. La libéralisation politique s’est accompagnée de celle des discours. Ce n’est nullement un hasard que des émissions comme celles animées par Mourad Chebine ou Malika Boussouf aient marqué les esprits. Rien de mieux qu’un débat  pour attirer les auditeurs qui peuvent écouter les explications et les précisions des premiers concernés par un problème à caractère national ou local mais aussi interpeller un responsable. De ce point de vue, les radios de proximité accomplissent un travail remarquable. Le contact est direct avec  l’auditeur à qui on parle de soucis concrets. Dans ce genre d’émission pour paraphraser une célèbre publicité, c’est «vingt minutes de débats et zéro langue de bois». L’éventail des préoccupations est large. Cela va des soucis que cause la Covid aux préparatifs des élections ou au marché de l’automobile. Longtemps, l’information était réduite au journal parlé où, à des heures fixes, on déroulait les principaux événements. C’était avant que ministres et responsables d’entreprises ou d’organismes publics ne viennent dans les studios sans se faire prier pour rétablir une vérité par-ci et éclairer des zones d’ombre ou expliquer une démarche  par-là. La maison de la radio se veut de verre.
H. Rachid