Production de boissons et jus : L’Apab réclame une loi alimentaire

Le président de l’Association des producteurs algériens de boissons (Apab), Ali Hamani, tire de nouveau la sonnette d’alarme. Selon lui, aucune loi ou règlement ne permet de contrôler vraiment les produits alimentaires nationaux ou importés.

Par conséquent, il interpelle les pouvoirs publics qui doivent, dit-il, «promulguer une loi alimentaire pour protéger le consommateur et fournir aux laboratoires d’analyses et aux  agents de contrôle des documents de référence». «Tous les pays disposent d’une telle loi à laquelle on se  réfère», soutient-il. Selon lui, c’est une condition sine qua non pour améliorer «la qualité de nos produits non contrôlés».
Le président de l’Apab estime toutefois que la promulgation d’une telle loi dérange les laboratoires d’analyses et les  lobbys liés à la fabrication et à l’importation. S’agissant de la réglementation, il rappelle qu’un règlement technique sur les jus, les nectars et les boissons aromatisées élaboré, il y a quatre années, a été présenté aux ministères de la Santé, de l’Agriculture, du Commerce et de l’Industrie. «Jusqu’à aujourd’hui, rien n’a été fait», regrette Hamani qui évoque les entreprises de boissons et de jus activant dans l’informel. «1.750 entreprises sont enregistrées au Centre national du registre de commerce, et l’Office national des statistiques recense 800 entreprises, alors que l’Apab regroupe 400 producteurs de boissons et jus», précise-t-il, plaidant pour l’assainissement du secteur. «Certains n’activent que durant le mois de Ramadhan et la saison estivale. Les producteurs de l’Apab assurent 95% de la production», affirme Hamani. De ce fait, il insiste sur la réglementation et la traçabilité dont l’Apab a fait un  cheval de bataille en organisant des séminaires pour les techniciens et laborantins en relation directe avec la production. Grâce à  son adhésion à l’Organisation mondiale des producteurs de boissons, elle a réalisé également un guide pour tous les producteurs sur l’utilisation des additifs alimentaires et un autre sur l’emballage en plastique ou en verre. «Les services de sécurité, gendarmerie et police ont sollicité l’Apab pour utiliser ses guides lors de leurs opérations de contrôle», confie-t-il.
Au sujet de l’utilisation excessive du sucre dans les boissons, Hamani précise qu’aucune réglementation n’impose aux producteurs de réduire le taux de sucre. Il révèle au passage que certains producteurs ont baissé le taux de sucre sans que le consommateur le remarque. «Nous n’allons pas divulguer leurs noms pour la simple raison que les Algériens aiment le sucre. Un  producteur qui a annoncé sur l’étiquetage la réduction du sucre a enregistré une forte baisse de ses ventes», affirme-t-il. En tout état de cause, Hamani assure que le secteur des boissons n’utilise que 9% de sucre importé avant de proposer la mise en place d’une politique nationale et l’établissement d’un échéancier sur l’utilisation de ce produit. L’Apab, qui a signé un accord avec la commission technique du ministère de la Santé pour réduire le taux de sucre dans les boissons, souligne que la démarche sera graduelle et non brutale.
M. Benkeddada