Rebond des contaminations au Covid-19 dans le milieu scolaire : Les syndicats tirent la sonnette d’alarme

A moins de deux mois de la fin de l’année scolaire, les syndicats du secteur tirent la sonnette d’alarme sur la problématique des contaminations au coronavirus qui repartent à la hausse.

Le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de l’éducation et de la formation(Satef) a affirmé que l’observation des règles sanitaires dans les établissements scolaires n’est plus de rigueur. Boualem Amoura relève, particulièrement, l’absence de gel hydroalcoolique et le non-respect de la distanciation physique. «L’aide de 50.000 DA promise aux établissements scolaires pour lutter contre la pandémie est insuffisante», juge-t-il, regrettant que le ministère de l’Education n’ait pas retenu la leçon des manquements qui ont prévalu tout au long de la première partie de l’année scolaire.
Même constat de la part du président de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation(UNPEF) qui fait état d’un relâchement total. Il a fait savoir que le secteur a payé un lourd tribut avec plus de 20.000 cas de contamination. Sadek Dziri a,  toutefois, souligné que la hausse des cas de ces derniers jours a poussé la communauté éducative à renouer avec les gestes barrières.
De son côté, le porte-parole du Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste)  a mis en avant le manque de moyens pour mettre en exécution le protocole sanitaire.  Messaoud Boudiba a évoqué un budget insignifiant. «Le protocole n’existe que dans les déclarations des responsables, sur le terrain, il n’y a rien de concret», affirme-t-il  Pour lui, la responsabilité de la dégradation de la situation incombera au ministère qui n’a pas pu mobiliser les moyens appropriés afin de contenir la pandémie. Quant au coordinateur national du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (SNPESTE), il a noté  une négligence et un «manque de discipline dans l’application du protocole sanitaire, non seulement à l’école mais aussi à l’extérieur». « «Ça ne servira à rien de faire respecter le protocole à l’intérieur de l’enceinte de l’école, alors que l’anarchie est maître à l’extérieur», a fait observer Meziane Meriane. Et d’ajouter : «Si les élèves s’entassent dans les bus, si les parents s’agglutinent devant le portail des établissements, si les adultes ne portent pas de masque, comment voulez-vous éviter la circulation du virus en milieu scolaire ?», s’interroge-t-il.
Pour sa part, le président du Conseil des enseignants des lycées d’Algérie (CELA) a rappelé que «rares sont les élèves et les travailleurs qui portent la masque de protection». Le lavage fréquent des mains est un geste de santé oublié. «Depuis la baisse du nombre de contaminations, les élèves agissent comme si la pandémie était derrière nous», a regretté Zoubir Rouina. Il a estimé que «le relâchement est un problème de société» et que «l’école est à l’image de celle-ci».
 Pour les syndicats, le ministère de l’Education nationale doit revoir sa copie pour terminer l’année sur une bonne note.
Amokrane H.