Environnement : Deux projets algéro-allemands pour stopper la dégradation du littoral 

 Un contrat d’exécution de deux projets de coopération bilatérale entre l’Algérie et l’Allemagne a été signé, ce lundi à Alger, sur la protection de l’environnement et de la biodiversité du littoral algérien (Pebla) et l’amélioration de la mise en œuvre de la législation en matière de fiscalité environnementale (Alfen).

Ces deux projets mis en œuvre par le ministère de l’Environnement en partenariat avec la Coopération allemande au développement (GIZ) s’étaleront jusqu’au 31 décembre 2023. «Les deux projets sont très importants pour notre pays, qu’il s’agisse d’améliorer la gestion de nos côtes ou d’imposer des taxes environnementales», a souligné la ministre de l’Environnement, Dalila Boudjemaâ, signalant que le littoral qui s’étend sur 1.600 km subit une pression insupportable. Une pression due, selon elle, à la croissance démographique, urbanistique et industrielle ainsi qu’à la pollution. «Cette situation est une conséquence naturelle du développement, mais ce développement doit s’inscrire dans le contexte de la durabilité», a-t-elle précisé. Dans ce contexte, le projet Pebla sera un moyen de revoir la stratégie nationale de gestion intégrée des zones côtières et de gestion côtière de manière intégrée et cohérente entre tous les secteurs concernant les activités durables. Dans cette perspective, la ministre a indiqué que le plan d’action sera élaboré en concertation avec tous les secteurs. Selon elle, le système d’information géographique côtière, qui reliera quatorze wilayas du pays, permettra d’obtenir des informations immédiates et en temps réel qui soutiennent la mise en œuvre du système de gestion de zone intégré. Pebla vise également à valoriser les ressources biologiques sur terre et en mer pour une exploitation durable et apporter des revenus complémentaires aux habitants des zones dans lesquelles il sera implanté.Il projette aussi  une gestion rationnelle et raisonnée des espaces côtiers, terrestres et marins.Pour renforcer cette action, un système d’information géographique spécifique au littoral algérien est en train d’être développé. Le 2e champ d’action du projet s’attèlera à la valorisation des services des écosystèmes côtiers et des ressources terrestres et marines dans un but ultime de leur protection. Le 3e volet du projet classera les zones naturelles le long des côtes en parcs nationaux pour en préserver les patrimoines.
Des taxes pour les pollueurs
Quant au second projet (Alfen), il sera orienté vers les taxes environnementales. Il s’agit de l’application du principe pollueur-payeur. «Nous sommes pleinement conscients de la grande importance de l’industrie pour notre pays, mais il est devenu nécessaire et obligatoire pour nous d’appliquer des normes de production pour contenir ou réduire la pollution et imposer des taxes aux entreprises les plus polluantes, car il est déraisonnable que les entreprises déversent leurs déchets dans la nature», a-t-elle souligné. Le projet prévoit donc de revoir le système fiscal environnemental. Et pour appliquer la réglementation environnementale, les agents de l’Etat, inspecteurs et ingénieurs, seront formés au calcul des assiettes fiscales, aux prélèvements et autres analyses. La numérisation du processus global de ce système est également en cours avec un premier exercice qui concernera la wilaya de Blida et le secteur agroalimentaire.
Le projet Pebla a été lancé le 1er janvier 2020. Ce projet est dédié principalement à la mise en œuvre de la Stratégie nationale de gestion intégrée des zones côtières (SNGIZC), dont l’actualisation, avec le concours de 16 secteurs, vient d’être parachevée et son plan d’action budgétisé est en cours de finalisation. La mise en œuvre de la SNGIZC se fera de façon concertée entre tous les secteurs intervenant sur le littoral des 14 wilayas du pays.
Samira Sidhoum