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L’environnement, on n’en parle pas beaucoup ces jours-ci, pourtant il ne s’en porte pas mieux pendant ce mois de jeûne. Les agents d’assainissement ont fort à faire durant ce mois pour débarrasser les artères des agglomérations, grandes ou petites, de toutes les ordures qui s’amassent après chaque marché et chaque rupture de jeûne, car la frénésie dans la consommation qui s’empare des ménages provoque comme effet secondaire un accroissement spectaculaire dans la production de déchets, tant organiques qu’industriels, souvent jetés pêle-mêle. S’il faut prendre soin de sa santé spirituelle, de sa condition physique pour passer les journées de privation, maintenir dans un état d’hygiène et de propreté son environnement concourt tout autant à nourrir sa citoyenneté qu’au bien être individuel et général. Il n’est pas superflu aussi de rappeler que les déchets sont une mine d’or et que, triés, traités et recyclés, ils pourvoient à de nombreux emplois et alimentent utilement la machine économique en s’épargnant des importations dommageables au Trésor. L’exemple d’un pays comme la Corée du Sud est à méditer. Ce pays ne dispose pas de richesses minières sur son sol, mais en recyclant les produits électroniques usagés, il s’est doté d’un gisement de matières précieuses inépuisables. En Algérie, la Sonatrach nous a longtemps fait croire qu’elle avait résolu le problème des gaz torchés. Que Nenni, nous révèle un rapport, qui épingle le Groupe énergétique national et bien évidemment l’Algérie qui se retrouve rangée à la cinquième place des pays responsables des deux-tiers du volume mondial des gaz torchés qui, selon cette étude, injectés dans la production d’électricité serait suffisante pour alimenter toute l’Afrique subsaharienne. L’Algérie quant à elle participe à ce grand gâchis avec 9,32 milliards de mètres cubes de gaz en 2020. Voilà bien un thème pour le ministre de la transition énergétique, qui veut mettre fin au gaspillage d’une ressource rare, le gaz naturel. Sur la base des estimations de Chems Eddine Chitour, ces 9 milliards de m³ représentent plus de deux mois de consommation, à raison d’un milliard par semaine. Pour rester dans l’actualité brûlante, on peut se poser cette question : les pompiers peuvent-ils mettre le feu à l’Algérie ? Ce n’est certainement pas la vocation d’un corps dont la principale et noble mission est de sauver des vies et d’épargner les destructions en risquant la vie de ses éléments. Que les pompiers, qui s’astreignent habituellement au respect d’une stricte discipline au demeurant inhérente à leur métier, aient du avoir recours à la manifestation publique est symptomatique d’un vécu qui doit, non seulement être réglé autrement que par des gaz lacrymogènes, mais surtout interpeller le gouvernement pour accélérer la cadence des solutions qu’il a mises en branle afin d’améliorer les conditions de vie de l’ensemble des citoyens. Encore faut-il disposer d’un tableau de bord dressé avec crédibilité. L’appareil statistique national est déficient, tous les experts le soulignent et il est plus que temps de le réformer pour qu’il produise des données à même de permettre au politique de prendre les bonnes décisions et aux opérateurs économiques de disposer d’un éclairage dans ses démarches d’investissement.
O. M.