Salim Raouf Bernaoui, ex-ministre de la Jeunesse et des Sports : «Difficile de vivre le premier Ramadhan sans mes parents»

Le mois sacré de 2021 restera gravé à jamais dans la mémoire de l’ex-ministre de la Jeunesse et des Sports, Salim Raouf Bernaoui. Ce dernier passe son premier Ramadhan sans ses défunts parents. Malgré avoir perdu ces deux êtres les plus chers, il continue à sauvegarder sa sérénité et son rythme habituel. Dans cet entretien, l’ex-responsable de la tutelle nous décrit ses journées du 2e Ramadhan en temps de coronavirus.

Jeûner en temps de la Covid-19 est-ce vraiment un Ramadhan comme on
le connaissait?
Depuis la propagation de la pandémie, nous ne vivons plus le même mois sacré. En tant qu’Algériens et Méditerranéens, nous sommes habitués à nous serrer la main et aux accolades. Avec l’obligation de respecter à la lettre les mesures préventives, nous n’avons pas d’autre alternative que d’être prudents. Sur le plan spirituel, chacun fait sa prière à la mosquée avec au moins un mètre de distance par rapport à l’autre. Pour ce qui est des échanges durant ce mois, notamment les invitations, beaucoup de familles se sont recroquevillées dans leurs maisons. Personnellement, ce Ramadhan est spécial, vu que c’est le premier que je passe sans mes parents que Dieu les accueille dans Son Vaste Paradis. A vous donc d’imaginer à quel point c’est dur de ne pas rompre le jeûne avec les êtres qui ont fait de nous ce que nous sommes aujourd’hui.

Qu’est-ce qui a changé pour vous à la maison et dehors ?
A la maison, je respecte toujours les gestes barrières pour éviter toute mauvaise surprise. Je veille également à la désinfection pour qu’il n’y ait pas de contagion. En dehors, les regroupements entre amis et en famille me manquent beaucoup. J’espère que la situation sanitaire rentrera dans l’ordre dans les plus brefs délais.

Qu’est-ce que vous appréciez et qu’est-ce qui vous importune ?
Je me retrouve durant ce mois, notamment sur le plan de l’hygiène de vie. Le Ramadhan est le mois de la santé. Depuis que j’étais athlète, je ne trouvais pas de difficultés à m’adapter. D’ailleurs, je m’entraînais toujours en biquotidien. Actuellement, je suis moins actif vu l’âge. Toutefois, le jeûne ne me gène pas, ni ne diminue de ma vivacité. J’apprécie également les images de solidarité qui caractérise le quotidien de notre peuple. Quand je vois des milliers de bénévoles se regrouper pour servir les sans abris dans les restaurants, ou de faire des actions caritatives, je suis fier d’être algérien. Ce qui m’importune est de voir les poubelles remplies de nourriture, alors que des familles n’ont pas le moyen de se permettre un repas équilibré par mois. Il faut savoir gérer son portefeuille pour éviter le gaspillage. Je lance un message pour penser aux personnes qui n’ont pas de quoi nourrir leurs enfants. Si on consomme deux baguettes de pain par repas, il ne faut pas acheter une dizaine pour en jeter la majorité.

De quel tempérament êtes-vous durant ce mois sacré ?
Je suis une personne très calme notamment durant le Ramadhan. Ce qui m’aide le plus est de ne pas dépendre de la cigarette ou du café. Je ne trouve pas d’explication au fait d’être impulsif durant un mois sacré, vu ses bienfaits en matière de santé et sur le plan religieux. De mon côté, je suis tellement calme que je ne réponds ni aux provocations ni ne provoque les autres.
Entretien réalisé par Adel K.