Religieusement votre !

Il existe bien, depuis une trentaine d’années, « Radio Coran », canal  dédié exclusivement  à la diffusion de programmes à caractère  religieux. A partir de  septembre 2016, celle-ci émet 15 heures par jour. Mais la psalmodie de sourates du livre sacré, les invocations pieuses et les émissions relatant les exploits des hommes qui ont permis  l’expansion de   l’islam   et  fait sa gloire à travers les siècles  ont toujours eu  une place dans les programmes de toutes les radios et télévisions. Des noms comme les cheikhs Hamani, Chentir ou Kettou ont eu une aura médiatique. L’intérêt redouble à  fortiori durant le Ramadhan ou beaucoup d’Algériens renouent avec la pratique ou se montrent plus réceptifs  aux préceptes de la religion. A vrai dire, cela  n’est pas spécifique au mois d’abstinence. Il suffit de tendre l’oreille aux auditeurs qui  exposent des problèmes qui peuvent se régler au niveau des tribunaux. On préfère avoir d’abord l’avis de l’imam qui se trouve sollicité sur des questions d’héritage, de vente et d’achat de voitures ou de logements. La conscience dans ces cas n’est pas qu’affaire de  lois impersonnelles.  L’influence de la religion sur les comportements transparait en dehors des préoccupations strictement religieuses. Qu’on aborde la vaccination, la lutte contre le gaspillage, on se réfère aux recommandations  de l’islam et on rappelle tel hadith ou injonction divine. Beaucoup déplorent que les causeries religieuses évitent pieusement d’aborder des sujets qui fâchent. Il y a une sorte de religieusement correct comme s’il suffisait de répéter ce qui a été dit, il y a vingt, trente ans sinon plus. Peu d’imam consentent à innover dans leurs façons de s’adresser aux fidèles et au-delà.  « Le succès  » d’un homme comme Chems Eddine provient d’abord de son audace qui brise le ronronnement. Les problèmes qui suscitent la polémique et alimentent de chauds débats à l’image de la place de la religion dans la vie politique, la liberté de conscience   sont soigneusement évités. Hormis dans des chaines privées ou sur les plates formes sur le net ou tout le monde parle et personne n’écoute, le discours religieux est plus lisse, ou à vrai dire cherche à être consensuel. Ce n’est nullement, selon des imams un manque de courage. La majorité préfère aux discours vindicatifs le rappel des valeurs cardinales de la religion comme la bonté, la solidarité et la fraternité. Le rôle de l’homme de religion quand il s’adresse à la majorité n’est pas d’aggraver les incompréhensions ou d’attiser les rancœurs. Il cherche davantage à raviver une culture islamique qui passe aussi par les références à l’architecture, à la philosophie ou même à la musique. Les chants religieux dans tous les genres savants ou populaires occupent une grande place comme le révèle l’émission  « Diwan » sur la chaine 3.
 H. Rachid