Après l’apparition de six cas du variant indien : Les praticiens rassurent et appellent à la vigilance

 

«Il ne faut pas s’alarmer, surtout que nous avons localisé son foyer», a rassuré, ce mardi, à Alger, le directeur de l’Institut Pasteur d’Alger et membre du comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus (Covid-19),Fawzi Derrar.

 

Dans le cadre des activités de séquençage relatives à la surveillance des variants du virus SARS-CoV-2, menées par l’Institut Pasteur d’Algérie sur les prélèvements reçus des différentes wilayas du pays, il a été détecté, pour la première fois, six cas du variant indien (B.1.617) dans la wilaya de Tipasa. «Il ne faut pas s’alarmer, surtout que nous avons localisé son foyer», a rassuré, ce mardi, à Alger, le directeur de l’Institut Pasteur d’Alger et membre du comité scientifique de suivi de l’évolution de la pandémie de coronavirus (Covid-19), Fawzi Derrar. La même source relève qu’il s’agit d’un citoyen qui travaille dans le secteur de la construction. Il revenait d’Inde et a contaminé son entourage. Mais, fort heureusement, a déclaré le Pr Derrar, «nous avons localisé le foyer dès les premiers signalements». Pour lui, la seule solution pour endiguer ces souches, c’est de revenir aux règles de base et d’hygiène qui permettent de se protéger. «Si on ne respecte les mesures barrières, on aura une profusion de variants», a-t-il ajouté. Il a expliqué que «ce variant détecté en Algérie est de sous-type 2 qui comporte des différences par rapport au mutant hybride circulant actuellement en Inde». Ce variant est classé par l’OMS comme variant à surveiller, après les variants dits préoccupants, à savoir les variants britannique, sud-africain et brésilien. Même son de cloche observé chez le Dr Mohamed Bekkat Berkani, membre du comité scientifique de suivi de l’épidémie de la Covid-19 et président du Conseil national de l’Ordre des médecins, qui a d’emblée rassuré : «Il n’y a pas lieu de paniquer vu que c’est un variant comme un autre. Cela ne signifie pas aussi que le scénario de l’Inde se reproduira en Algérie.» Le Dr Berkani a affirmé que les autorités concernées en Inde ont laissé la population célébrer, avec faste et ferveur, une fête religieuse où les citoyens se sont rassemblés en masse sur le fleuve du Gange. C’est pour cela, a-t-il expliqué, qu’il y a eu un taux élevé de contaminations et de décès. Notre interlocuteur s’est interrogé sur la présence de cette souche en Algérie, malgré la fermeture des frontières en Algérie. Il a préconisé de mener une enquête épidémiologique précise pour définir les véritables causes de ces contaminations. Le Dr Berkani a estimé que le véritable problème réside dans la lenteur d’engager une «véritable» campagne de vaccination. Craignant une situation de catastrophe,  le Pr Rachid Belhadj, chef du service de médecine légale et directeur des activités médicales et paramédicales au CHU Mustapha-Pacha, a insisté sur la nécessité de redoubler d’efforts et a appelé  la population à «plus de vigilance en veillant au strict respect des mesures de prévention». Il a rassuré que l’Algérie ne peut pas vivre le scénario de l’Inde, vu que ce sont deux pays et environnements différents. En plus, a-t-il poursuivi, l’Algérie a déjà été frappé de plein fouet par deux vagues de coronavirus. D’après le Pr Belhadj, l’Algérie a l’avantage de l’immunité collective et le facteur jeunesse. «Nous ne sommes pas dans le même contexte. L’Inde est un pays à densité de population», a-t-il noté. Le Pr Belhadj a profité de cette occasion pour tirer la sonnette d’alarme en matière de respect des mesures barrières. «Il faut que les gens soient conscients et se comportent de manière civilisée, notamment à l’approche de la célébration des fêtes de l’Aïd El Fitr. On devrait bannir les rassemblements.» Pour sa part, le Dr  Boualem Cherchali,  sous-directeur des urgences au ministère de la Santé, souhaite l’implication des médias dans les campagnes de sensibilisation. «Dans notre lutte, nous comptons beaucoup sur le précieux soutien et appui des médias à travers notamment des campagnes de sensibilisation en vue de lutter massivement contre le coronavirus.»
Samira Sidhoum