Le Syndicat des professeurs et chercheurs universitaires saluent l’instruction de Tebboune

Pour le président du Syndicat des professeurs et chercheurs universitaires, le Pr Rachid Belhadj, l’instruction du président de la République, Abdelmadjid Tebboune, relative à l’ouverture du dialogue avec les partenaires sociaux, est une première et un acquis important.

«C’est la première fois qu’un chef de l’Etat ordonne le dialogue avec les partenaires sociaux sans exclusion. Auparavant, le dialogue était limité dans la sphère des tripartites. Pour nous, c’est une marque de considération pour les syndicats autonomes», a-t-il souligné ce mardi sur les ondes de la chaine III. Le dialogue ne doit plus être un miroir aux alouettes mais une discussion franche et directe, permettant l’instauration d’un climat de confiance, indique le Pr Belhadj. «Les partenaires sociaux demandent juste à être écoutés dans un face-à-face franc qui manquait dans les tripartites où le «tout va bien» prônait sur le reste. Ils veulent aussi être intégrés dans les réformes, et que seul le mérite soit valorisé et récompensé. Dans le secteur de la santé, par exemple, le dialogue va contribuer à améliorer les prestations et la prise en charge des patients, qui sont lamentables, il faut le dire», rapporte-t-il, se disant contre les mouvements de grève «sauvages» et le chaos.
Le débrayage, d’après lui, ne doit pas être un instrument de chantage. Toutefois, c’est une nécessité quand les négociations sont infructueuses, n’apportent rien et lorsque les syndicats ont l’impression qu’ils tournent en rond.
«Nous ne sommes pas partisans du chaos, mais, parfois, nous sommes dans l’obligation de répondre aux attentes de nos adhérents. Quand la grève devient la seule voie pour nous faire entendre, nous sommes obligés de l’emprunter pour respecter nos engagements vis-à-vis des nos adhérents. Mais nous sommes conscients que l’apaisement est primordial en cette conjoncture de crise», confie-t-il.
Il faut aller, soutient-il, au-delà des doléances sociales des travailleurs et exprimer aussi des revendications politiques, économiques et culturelles et trouver des solutions réelles pour mettre fin aux effets néfastes des systèmes défaillants,  comme le départ des compétences à l’étranger, le gaspillage, le chômage… «Afin d’éviter la radicalisation des positions de part et d’autre et les situations de conflit, le dialogue doit être serein, permanent, acté. Dans certains secteurs, dont celui de la santé, il ya eu le passage de plusieurs ministres, et nous avons eu donc différents dialogues et engagements. Résultats, nous tournons en rond. Il y a des choses obtenues, certes, au bout de plusieurs années, mais il y a beaucoup de choses qui restent à faire», fait-il remarquer.
Se dire les vérités en face
Belhadj prône aussi le regroupement des syndicats dans des fédérations, dans la santé notamment, pour avoir une vision commune autour des problématiques communes ou même particulières, assurant que le dialogue permet l’émergence de compétences et évite la fuite des cerveaux. Il souligne que, dans le dialogue social, il ne s’agira pas seulement de revendiquer la révision des statuts particuliers dans l’éducation, la santé et l’enseignement supérieur et la recherche scientifique, mais revoir aussi la politique sociale à outrance, le mode de financement de la santé et la politique sanitaire. «Aujourd’hui, personne n’est satisfait, ni les professionnels, ni les citoyens, ni même les pouvoirs publics. Il faut se dire les vérités en face pour ne pas sombrer dans le laisser-aller, éviter les mêmes erreurs et les manœuvres injustes. Les travailleurs peuvent attendre, espérer mais pas aux dépens de leur dignité», conclut-il.
Farida Belkhiri