Ciné-Club de l’Association «Lumières» : L’impossible oubli de Mahmoud Zemmouri

 

Dans le cadre de son cinéclub, l’Association «Lumières» a projeté, lundi, en son siège, le long métrage «Les folles années du Twist», en hommage au réalisateur Mahmoud Zemmouri, décédé à Paris  en 2017,   devant des réalisateurs, comédiens et membres de l’association.

 Pour le comédien Fawzi Saichi qui est apparu dans le film «la disparition de Zemmouri est une grande perte pour le cinéma algérien car il  aurait encore pu apporter beaucoup au 7e art par son originalité et son génie créateur». «Je revenais de Tunisie, où j’avais reçu le prix d’interprétation masculine pour le film  «Un toit une famille» de Rabah Laaradji, lorsque Lakhdar Hamina m’avait annoncé que Zemmouri m’avait choisi pour un rôle dans son film au côté du fils Malik.  C’était en 1982», a-t-il raconté.Saichi avait 30 ans et incarnait le rôle du jeune de 20 ans qui vivait à sa façon, légère et emplie de facéties les jours qui ont suivi le 19 mars. « Zemmouri exigea de moi d’être souple et d’être capable de me mettre dans la peau d’un jeune», a-t-il poursuivi. PourSaichi ce film fut «une très belle expérience». «J’ai eu le bonheur de jouer avec  de grands noms du cinéma algérien comme Mustapaha Al Anka, Ouardia, Sissani, Hacen Al Hassani, Arezki Nabti et d’autres», a-t-il renchéri. «Avec Malik Lakhar-Hamina, nous avons constitué une bonne paire et de cette collaboration est née une grande amitié», a-t-il conclu.
La projection du film fut suivie par celle d’un documentaire de 15 minutes. Amar Rabia, président de l’Association «Lumières» y retrace la carrière cinématographique de Zemmouri et montre des images de ses obsèques. Il rapporte aussi les témoignages de ses  proches (son épouse et ses frères) et de personnalités du monde cinéma. Pour le directeur de la Cinémathèque algérienne, Salim Aggar, «Zemmouri avait sa touche singulière et ses films étaient reconnaissables et se distinguaient des  autres».
Mahmoud Zemmouri acteur, réalisateur et scénariste est né le 2 décembre 1946 à Boufarik,et a fait sa carrière essentiellement en France. L’immigration et les conditions sociales de la deuxième génération d’immigrés sont ses thèmes de prédilection. Il est notamment connu pour avoir interprété «Rachid» dans le césarisé «Tchao Pantin» de Claude Berri (1983) et «Omar dans La Smala» de Jean-Loup Hubert (1984). Il est surtout le  réalisateur de «Prends 10.000 balles et casse toi» (1981),  «Les Folles Années du twist» (1986),  «De Hollywood à Tamanrasset» (1991), «L’Honneur de la tribu» (1993), «100% Arabica» (1997), «Beur blanc rouge» (2006) «Certifiée Hallal» (2015).  Il a également réalisé pour la télévision la série «ImaratEl-Hadj Lakhdar» en 2007, 2008 et 2009.
Le cinéclub de l’Association «Lumières» les lundis et jeudis est né durant ce mois de Ramadhan et a déjà projeté un film documentaire d’Abdelhamid Titache «Le souffle de la liberté», ainsi que «Kindi» d’Ameur Bahloul, et «L’héroïne» de Chérif Lagoune. Un documentaire de 52 minutes a été projeté en hommage au réalisateur Amar Laskri à l’occasion du 6e anniversaire de sa disparition. Selon Ferhat Itoumaine, chargé de communication de l’association, «Parole d’un prisonnier» de Salim Aggar  sera projeté aujourd’hui jeudi à 14 heures, en présence du réalisateur.
Hakim Metref