Des restrictions pour la circoncision durant le Ramadhan

La circoncision durant ce mois de Ramadhan est soumise à des restrictions rigoureuses, imposées par le protocole sanitaire de lutte contre la propagation de la Covid-19 et ses variants. Les praticiens préconisent qu’elle se fasse sur rendez-vous.

Après avoir été interdite l’année dernière en raison de la crise sanitaire liée à la Covid-19, la circoncision durant le mois sacrée est autorisée. Le corps médical s’accorde à dire que «le risque  n’est pas liée à la chirurgie en elle-même, mais plutôt au contexte épidémiologique, au regard de la tendance haussière des contaminations, constatée particulièrement depuis quelques jours». «Je recommande qu’un planning soit établi pour espacer les opérations dans des centres hospitaliers», a indiqué le Dr Abdelhamid Salah Laouar, président de la Société algérienne de formation continue en cancérologie (SAFCC). Selon lui, «le risque n’est pas particulier à l’acte chirurgical. Toute personne qui se rend dans un  centre hospitalier est exposée au même danger de contamination». Pour limiter les risques, il recommande de réduire le nombre
d’accompagnateurs de l’enfant à circoncire à deux uniquement. «Il faut respecter strictement les mesures barrières, particulièrement le port du masque, la distanciation physique, mais surtout éviter les regroupements même entre personnes de la même famille», conseille le médecin, qui rappelle que l’acte chirurgical requiert des conditions d’hygiène bien particulières et des moyens d’intervention, en cas d’hémorragie. Il sied de rappeler que nombre de familles préfèrent procéder à la circoncision la veille du 27e jour du mois de Ramadhan (Leilat El Kadr). Une tradition qui s’est installée depuis quelques années. Les circoncisions collectives ont été souvent été à l’origine de drames parfois, à l’instar de celui survenu dans la daïra d’El Khroub, à Constantine, où 7 enfants ont été mal circoncis. Deux  d’entre eux ont, pour rappel, perdu définitivement le gland suite à une nécrose, alors que cinq autres devaient faire une chirurgie plastique pour réparer ce que des mains novices ont traumatisé. Depuis ce drame, les circoncisions collectives ont certes été interdites. Pour le Dr Lyes Merabet, président du Syndicat national des praticiens de la santé publique (SNPSP), «les circoncisions collectives sont souvent opérées en l’absence de conditions d’hygiène et de matériel stérilisé, ce qui augmente les risques d’allergie ou d’infection, qui peuvent être graves, tels que le choc anaphylactique. Il rappelle, dans ce cadre, l’instruction explicite émanant du ministère de la Santé qui interdit définitivement ces pratiques. Par la même occasion, il regrette que nombre de  cabinets et cliniques privées, où se font ces opérations, ne soient pas méticuleux en ce qui concerne le respect des mesures barrières. Par ailleurs, il a appelé, encore une fois, au respect strict des mesures barrières pour éviter une troisième vague de la Covid-19.
Samira Azzegag