Vente de vêtements en ligne : La nouvelle mode 

La vente de vêtements sur Internet gagne de plus en plus d’adeptes. C’est désormais en ligne qu’on rafle les meilleures occasions. Bienvenue au téléachat du XXIe siècle !

Avec la crise sanitaire et le confinement, beaucoup de commerçants avaient du mal à écouler leurs marchandises. De peur de faire faillite, ils investissent les réseaux sociaux et affichent des prix imbattables. Des collections entières sont écoulées en quelques semaines, alors qu’en magasin, il aurait fallu arranger plusieurs vitrines et des produits triées sur le volet pour arriver à rentabiliser autant leur commerce. Le secret, confie Amine Koucha, vendeur de prêt-à-porter et d’accessoires sur facebook, est que tous se sont mis au shopping en ligne. «Les meilleures affaires se passent en live sur le réseau social. C’est une sorte d’enchères où celui qui propose le meilleur prix prend possession du produit. Le paiement se fera à la livraison, lorsqu’il recevra sa marchandise», explique-t-il. Ces nouvelles tendances de consommation, nées durant la conjoncture sanitaire exceptionnelle, ont créé de nouveaux rapports entre le commerçant et son client. «On ne s’attendait pas à voir autant de monde sur le marché du prêt-à-porter», rétorque Salim Taïbi, vendeur de vêtements pour hommes à Hussein Dey. Voilà près d’une année qu’il s’est jeté dans le grand bain des vidéos en direct sur sa page facebook. Salim diffuse des vidéos en live d’une durée chacune de trois heures environ, et ce, trois à quatre fois par semaine. «Je présente avec mes commerciaux des vêtements et accessoires en direct. Couleurs, tailles, matière et prix. Tout est détaillé aux clients qui sont de plus en plus exigeants», explique-t-il. Le jeune commerçant assure que les vidéos ont sauvé son magasin de la faillite. «Avec la concurrence sur Internet et l’abondance des produits, il est difficile de se faire une place. La meilleure solution était de proposer aux acheteurs potentiels qui ne pouvaient pas se déplacer au magasin, notamment à cause de la Covid-19, notamment au début de la pandémie. Selon notre interlocuteur, avant la crise sanitaire, environ 10% à 12% des ventes réalisées par son magasin se passaient en ligne. Depuis, «non seulement, j’écoule presque la totalité de mes produits sur Internet, et aussi j’arrive à engranger facilement des bénéfices», fait-il savoir. Le défi pour les commerçants, aujourd’hui, poursuit-il, est de rester sur la même lancée, carde plus en plus d’internautes succombent, préférant faire leurs achats sur les réseaux sociaux. Nadia est connue des pages de prêt-à-porter pour femmes à Alger. Elle demande constamment le prix des produits et négocie le prix à la livraison. Elle n’achète pas pour elle, mais pour celles qui ne maîtrisent pas encore l’outil informatique ou la navigation sur téléphone. «Je me fais des marges bénéficiaires sur le prix de livraison, et non celui du produit. Le prix est communiqué à mes clientes tel quel», fait elle savoir. Selon elle, les achats qu’elle effectue sont généralement pour des gens de son quartier, des  personnes âgées qui tentent de se familiariser avec les achats sur Internet. Alors que les sites de vente en ligne tels que Jumia proposent des produits avec une durée de livraison de 3 à 4 jours, les commerçants présents sur les réseaux sociaux font livrer leurs produits en quelques heures seulement. Plusieurs observateurs estiment que la vente en ligne est susceptible de se poursuivre au cours de cette année, tant que la pandémie n’aura pas totalement disparu.
Walid Souahi