Challenge

Les réseaux sociaux ont frémi à la nouvelle : un gros requin s’est échoué sur une plage de Tigzirt ! Ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de voir de près un de ces monstres marins. Bien sûr, ce n’est pas une scène du célèbre film «Les dents de la mer», l’animal étant à l’état de cadavre, mais le spectacle est tout de même ahurissant pour bien des Algériens, peu habitués à en côtoyer. Les requins, pourtant, sont bien présents en mer Méditerranée, contrairement à la croyance populaire. Ce n’est d’ailleurs pas le premier échouage de squales sur les côtes algériennes. Aokas, qui veut dire requin, est aussi le nom d’une ville, du côté de Bejaïa. Le plus insolite dans l’histoire, ce n’est point tant l’échouage ni la taille phénoménale de ce requin, mais bien le fait que les curieux, venus nombreux voir pour y croire, se sont rués sur le squale pour découper des morceaux en perspective d’une bonne grillade. Ce n’est pas tous les jours qu’on peut déguster de la chair de requin et cela calmera la frustration de ne pouvoir s’offrir à bon prix au moins des sardines ! Généreuse, la mer s’impose aussi de plus en plus comme un incontournable recours pour l’approvisionnement du pays en eau potable. Il faut bien se rendre à l’évidence, l’Algérie est un pays semi-aride. Construire des barrages n’est pas suffisant en soi, il faut de la pluie pour que ces ouvrages jouent pleinement leur rôle. Même si l’actualité ces derniers jours est aux inondations, le ciel a été assez chiche en pluies sur l’année et les réserves hydriques emmagasinées suffiront tout juste jusqu’à l’automne prochain, selon le ministre des Ressources en eau. Il existe bien sûr plusieurs alternatives (économie de l’eau, recyclage, transfert, etc.) pour réduire la tension sur cette ressource, mais le dessalement d’eau de mer est la solution la plus pérenne, d’autant plus que la majorité de la population est massée dans la bande côtière. L’Algérie dispose déjà de plusieurs usines, mais cette expérience doit aujourd’hui être mise à contribution dans un processus de maîtrise de la technologie de fabrication des équipements, seule à mesure de permettre au pays de s’affranchir de l’aléa des moyens de paiements en devises fortes. Une autre technologie, désormais reconnue comme élément primordial de la sécurité sanitaire, est celle de la fabrication de vaccins. La Covid-19 a puissamment démontré que le pays qui ne maîtrise pas cette technique est voué à être à la merci d’autrui au moment où l’altruisme est la valeur la moins cotée. La preuve, la part de l’Afrique dans les vaccinations contre le coronavirus ne représente que moins de 1 %, selon les chiffres révélés par l’Organisation mondiale de la santé. Mieux, ou pis, l’idée émise d’une suspension temporaire de la protection que les brevets confèrent aux médicaments et aux vaccins contre la Covid-19 donne de l’urticaire à certains, peu enclins à surseoir aux indéniables retombées financières qu’ils en attendent. L’Algérie, qui éprouve mille difficultés à acquérir des doses de vaccin en quantités suffisantes, est l’un des rares pays africains à avoir la capacité de fabriquer des vaccins. Elle s’est lancée, en coopération avec la Russie, dans le processus de production du Sputnik V, et c’est un challenge qu’elle doit absolument réussir.
O. M.