Abdelkrim Fergat, lutteur qualifié aux JO de Tokyo : «Le 2e Ramadhan au temps de la Covid-19 est spécial»

Il est une des valeurs sûres des luttes associées en Algérie, en Afrique et même dans le monde. Abdelkrim Fergat (catégorie 55 kg) et 3e mondial sera parmi les huit lutteurs qui représenteront l’Algérie durant les Jeux olympiques de Tokyo. Figurant parmi les jeunes découverts par le défunt président de la fédération de luttes associées Rabah Chebbah quand il était directeur technique national, il continue de prouver que le regretté n’avait pas tort. Actuellement en stage avec l’équipe nationale à Bordj Bou Arreridj, il a été disponible pour répondre à nos questions par rapport au 2nd Ramadhan qui coïncide avec la pandémie du coronavirus.

Jeûner au temps de la Covid 19 est-ce vraiment un Ramadhan comme on le connaissait ?
C’est un mois sacré totalement différent. Avec toutes les mesures du protocole sanitaire, nous sommes appelés à être vigilants. En matière d’entraînement, nous sommes soumis parfois à un biquotidien. Il est clair que nous devons respecter le confinement avec la distanciation, et ce, malgré avoir été dépistés.
Qu’est ce qui a changé à la maison et en dehors ?
La rupture du jeûne en famille est d’une saveur exquise. Rien ne peut remplacer la chaleur familiale. En étant en équipe nationale, chacun essaye d’aider son camarade à compenser ce manque. En dehors, les soirées entre amis autour de tasses de thé et des spectacles chaâbi me manquent tellement. J’essaye de positiver, car la santé passe avant tout notamment pour un athlète appelé à représenter dignement son pays.
Qu’est-ce que vous appréciez et qu’est-ce qui vous importune ?
Ce mois est une occasion en or pour se rapprocher de Dieu par nos prières et la lecture du Saint Coran. D’ailleurs, je ne rate pas la prière d’El Tarawih à la mosquée. L’aspect religieux prime. Ce qui m’importune en revanche est de voir des personnes faire des grasses matinées. De ma part, je suis quelqu’un qui se lève tôt, sauf quand je suis en stage. J’ai donc besoin de quelques heures de récupération. Toutefois, je suis debout toujours avant la prière d’El Dohr.
De quel tempérament êtes-vous durant le mois sacré ?
Je suis un faux calme. Il m’est arrivé de ne pas retenir ma colère face à certaines situations sans dépasser mes limites. Question nutrition, je suis un gourmand qui aime recommander certains plats quand je suis en famille. Vu mon statut d’athlète de performance, je dois néanmoins réfréner ma gourmandise pour ne pas avoir de problèmes par la suite dans la pesée.
Recommandez-vous le sport durant ce mois ?
L’activité physique est toujours souhaitable notamment durant le Ramadhan. Cela dit, il faut programmer des séances légères à une heure avant la rupture du jeûne. Il faut savoir que le corps humain a besoin de beaucoup d’eau et de calories durant ce mois. Donc, je recommande un entraînement adapté aux capacités de chacun. Les séances réservées à des athlètes de haut niveau par contre sont bien étudiées. Nous savons qu’il faut suer et souffrir pour être prêt pour les Olympiades.
Quel est votre avis sur la solidarité ?
Je rends hommage à toutes les personnes qui passent leur temps à aider les pauvres. Tout est en leur honneur. Quand nous sommes à table, nous devons toujours penser à d’autres familles qui dépendent des dons des associations, ou de places dans les restaurants d’El Rahma pour s’offrir des repas chauds. J’espère que ces initiatives ne seront pas occasionnelles durant ce mois, mais durent pendant toute l’année.
Entretien réalisé par Adel K.