La Chaîne dédiée à la Mémoire dévoilera la politique de la France coloniale

Le chef de projet de la chaîne dédiée à la Mémoire, Saïd Oulmi, a déclaré que cette dernière «dévoilera par le son et l’image» la politique de la France coloniale, soulignant que son objectif est de simplifier au téléspectateur le legs historique pour contribuer à la promotion du lien intergénérationnel.

Dans un entretien accordé à l’APS à la veille de la célébration de la Journée nationale de la Mémoire, Oulmi a souligné que cette chaîne «dévoilera par le son et l’image, la politique exercée 132 ans durant par la France coloniale qui a fait usage de répression, d’outrage, de brutalité, de torture et de génocide», soulignant que les programmes qu’elle diffuse ont pour objectif de «simplifier à nos enfants le legs historique, de manière à promouvoir le lien intergénérationnel et partant établir une connaissance historique qui sert de base pour la citoyenneté».
15 documentaires historiques, 23 documentaires sur le patrimoine, une série de 15 numéros de documentaires sur la religion et l’histoire, des portraits de moudjahidine et de chouhada, 8 films algériens, 5 feuilletons historiques, 6 émissions sur les grandes batailles, 35 programmes en langue française et plus de 300 autres courts programmes ont été diffusés sur cette chaîne entre le 1er novembre 2020 et le 31 janvier 2021, a fait savoir le responsable.
Oulmi a passé en revue des programmes de la chaîne destinés aux enfants et aux jeunes, à l’instar de «Sur les traces de nos prédécesseurs», «Parlons histoire», «Apprends ton histoire» ainsi que d’autres programmes dont «Des livres de mémoire», «Film et débat» et «Entre les lignes des traités».
 La chaîne «veille à simplifier l’information historique au grand public», a-t-il dit, considérant que les programmes diffusés sur la chaîne «exigent du temps et une étude approfondie».
Dans le traitement des sujets et des évènements, cette chaîne a adopté une méthode académique qui se réfère aux témoignages vivants, aux documents, aux historiens, aux chercheurs et aux archives audiovisuelles.
La promotion du patrimoine matériel et immatériel étant une source vitale de la mémoire collective, le chef du projet de création de la chaîne dédiée à la mémoire collective a salué les décisions prises par le président de la République, en l’occurrence l’institution du 8 mai Journée nationale de la mémoire et la création d’une chaîne de télévision thématique dédiée à l’histoire et à la mémoire. Ces décisions «confirment la détermination de l’Etat à protéger et à préserver la mémoire et à lutter contre l’oubli», a-t-il soutenu.
Création d’un festival  «La médaille de la mémoire»
Oulmi s’est félicité de «l’adhésion du téléspectateur aux programmes de cette chaîne», notant que le quiz diffusé par la chaîne en ce mois de Ramadhan sous le thème «apprends ton histoire» a suscité une grande interactivité chez les téléspectateurs, avec un total de 35.000 à 40.000 participants/jour depuis le début du Ramadhan». «Il s’agit là d’un point positif, d’autant que la chaîne en est encore à ses débuts et tente de s’imposer dans le domaine audiovisuel par la qualité de ses programmes», a-t-il ajouté.
Dans une démarche visant à diffuser ses productions et programmes dans les forums internationaux, la chaîne compte contribuer à la création d’un festival du film documentaire, baptisé «Médaille de la mémoire» pour «encourager la production de ce genre de films et créer un espace de rencontre pour les producteurs, les chercheurs et les historiens, outre des ateliers de production répondant aux standards internationaux», selon le même responsable.
Revenant au programme de célébration de la Journée nationale de la mémoire, Oulmi a souligné que cette 8e chaîne de la télévision algérienne (TV 8) a élaboré une grille de programmes riche et  diversifiée à laquelle le public peut participer via les nouvelles technologies de l’information et de la communication.
A cette occasion, une journée ouverte sera organisée sous le thème «la mémoire nous unit» avec une diffusion en simultané avec la chaîne III de la radio nationale, d’une durée de 30 à 45 minutes, axée sur le rôle du «système éducatif dans la simplification et la transmission de l’information historique», «le rôle de la recherche scientifique dans l’écriture de la mémoire collective» et «le rôle de la société civile, la presse, les musées et sites historiques dans la préservation de la mémoire».