Abdelhamid Salakdji, président de la Fondation du 8 Mai 1945 à Horizons : «Nous allons saisir le tribunal international de La Haye»

 Le président de la Fondation du 8 Mai 1945, Abdelhamid Salakdji, a déploré le silence de l’Etat français, en marge du séminaire national organisé à l’occasion de la commémoration de cet évènement.

 «76 années se sont écoulées depuis et l’ancien colonisateur n’a toujours pas reconnu ses massacres de Mai 1945, ni sa responsabilité. Il n’a ni reconnu, ni indemnisé ses odieux actes et encore mieux, il n’a pas été puni pour ce crime. Et pourtant, tous les historiens algériens et français ont établi à l’unanimité qu’il y a un génocide, parce qu’il a été perpétré par des institutions constitutionnelles de la République française, à savoir l’armée, la gendarmerie, la police et l’administration coloniales. C’est l’Etat français qui a commis ce génocide, donc il y a un terrorisme d’Etat resté impuni, malgré la visite de Macron, alors candidat à la présidentielle. Lorsqu’on lui a posé la question de ces massacres, il a répondu par l’affirmative, en déclarant par un oui, c’est un crime contre l’humanité. Mais hélas, depuis qu’il a été élu, il a posé une chape de plomb sur la question», a confié Salakdji à Horizons. Quant aux demandes, il les formule ainsi : «Nous demandons à notre président de la République et à toutes nos institutions constitutionnelles de la République, et plus les associations telles l’UGTA, l’UNFA, l’UNPA et les grandes associations nationales, pour que tous ensemble, obligeons la France à reconnaître ses crimes et nous indemniser. Nous ne demandons pas de l’argent. Cela  doit se faire entre les deux Etats, dans le domaine scientifique et technologique. C’est aussi le cas pour ses essais nucléaires qui ont été effectués dans le Sud du pays, où les habitants de Regagne, Aïn Yeker,  Hamoudia, en souffrent encore à ce jour. La France doit agir pour faire disparaître les radiations sur cette terre qu’elle a brûlée. Jusqu’à ce jour, il y a des personnes handicapées, touchées par les radiations de 13 février 1960 et 13 essais souterrains et 3 en surface de la terre». Evoquant un autre aspect de la question, le président de la Fondation ajoute : «Si la France est animée de bonne volonté, elle doit d’abord restituer toutes les archives, administratives, économiques, sociales, et d’autres encore qui sont déposées à Aix-en-Provence. Nous demandons la reconnaissance de l’indemnisation des victimes qui sont encore en vie, qui ont subi les effets du nucléaire. Il y a à ce jour des gens handicapés, irradiés des rayons nucléaires.» Salakdji ne compte pas s’arrêter là pour saisir dans les semaines à venir les instances internationales, tel que le tribunal international de La Haye. Il a conclu en adressant ses remerciements au président de la République d’avoir institué cette journée comme Journée nationale de la Mémoire.
Azzedine Tiouri