Législatives 2021 : Les «mécontents» rencontrent Charfi

Les «mécontents» parmi les partis politiques suite au rejet d’un bon nombre de leurs candidatures par l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie) n’entendent pas se laisser taper sur les doigts. Ils rencontreront ce dimanche le président de l’Anie, Mohamed Charfi, pour lui exposer leurs doléances.

Cette rencontre prévue à 14h au siège de l’Autorité à Alger regroupera Charfi et plus de six présidents de parti ayant adhéré à la démarche initiée par Tahar Benbaïbèche, président du parti Fadjr El Djadid. Contacté par nos soins, ce dernier déclare que l’idée fut prise au nom de l’ensemble des formations politiques ayant décidé de prendre part aux élections législatives, dans le but de demander des explications autour des candidatures «refusées injustement» selon lui. «Il sera question de discuter des problèmes posés au niveau des wilayas et des candidatures refusées sans motifs valables. Le président de l’Autorité peut prendre une décision politique comme il l’avait fait pour le prolongement du délai de dépôt des candidatures», affirme-t-il. Habib Brahmia, chargé de communication du parti Jil Jadid, a fait savoir que son parti est concerné par cette réunion. «Nous allons avoir une audience avec le président de l’Autorité concernant plusieurs rejets qui ne n’ont aucun rapport avec la question de l’argent sale, du moins pour notre cas. Pour Jil Jadid, c’est surtout par rapport à la carte de dispense militaire. Le parti se retrouve à perdre beaucoup de jeunes candidats en raison de cette exigence. «Nous exposons aussi le problème des candidats qui ne seraient pas inscrits sur le fichier électoral alors qu’ils disposent de la carte d’électeur», a-t-il indiqué en faisant remarquer que son parti «demande de revoir cette politique de l’exclusion des candidats». Il dit qu’il faut saluer l’ambition d’écarter les partisans de l’argent sale, mais il ne faut pas éliminer des jeunes pour de simples erreurs administratives qui ne sont pas de la responsabilité des partis politiques et des candidats. Le MSP qui sera aussi de la partie pense, par la voix de Nacer Hamdadouche, «que beaucoup d’injustices ont été commises à l’égard des candidats de la part des coordinations locales de l’Autorité». Il a relevé que cela a suscité d’énormes contestations. Pour cause, «les refus se sont appuyés sur des rapports sécuritaires et non sur des décisions définitives de justice». Malgré cela, l’exclusion a été confirmée par les tribunaux administratifs et le Conseil d’Etat, regrette Hamdadouche en confirmant que ces actes portent atteinte à la crédibilité de l’opération électorale. «Ce fut une demande collective pour rencontrer le président de l’Autorité indépendante afin qu’il tente de rectifier le tir. Cette rencontre intervient en retard. L’article 200 a causé beaucoup de dégâts, car la justification s’est basée souvent sur des prétendus liens avec l’argent sale. Ce qui n’est pas logique. Le code électoral est clair. Celui qui tombe de la liste et celui qui fait l’objet d’un jugement définitif. C’est un abus contre le droit à la candidature et la présomption d’innocence», a-t-il fulminé. Safi Laârabi, chargé de communication du RND, n’écarte pas lui aussi que son parti prenne part à cette rencontre. Il a indiqué que sa formation a adressé une plainte officielle au président de l’Autorité dans laquelle «elle dénonce l’exclusion d’un bon nombre de ses candidats au niveau de quelques circonscriptions électorales, que ce soit à l’intérieur du pays ou à l’étranger».
Karima Alloun