Contestation sociale : Les partis préconisent un dialogue sérieux

 Les contestations sociales autour notamment du pouvoir d’achat intéressent les partis politiques qui se disent solidaires des travailleurs. Toutefois, chaque formation préconise ses propres solutions.

Le RND, qui souhaite le règlement de la problématique du pouvoir d’achat, préconise d’engager un dialogue entre les différents protagonistes mais avec le prochain gouvernement qui sera issu des prochaines législatives. «Le RND reconnaît qu’il y a un recul du pouvoir d’achat et considère légitime la revendication des travailleurs souhaitant une amélioration et une revalorisation des salaires, mais les circonstances par lesquelles passent le pays sont difficiles», tempère le  responsable de la communication du parti, Safi Arabi, avant de relever la nécessité d’attendre la constitution d’un nouveau gouvernement après le scrutin du 12 juin pour lui soumettre la problématique du pouvoir d’achat et des revendications des travailleurs.  «Le nouvel Exécutif aura à faire lui-même un état des lieux  et un diagnostic de la situation financière du pays à l’issue de laquelle il prendra une décision au sujet de la révision des salaires», soutient-il.

Pour le Mouvement El Bina, le timing choisi pour lancer des revendications socioprofessionnelles n’est pas adéquat. «Nous connaissons les souffrances de nos travailleurs, mais nous disons que ce n’est pas encore le moment puisque nous sommes à quelques encablures des élections», commente  le responsable de la communication du parti de Bengrina, Salah Hocine. Selon lui, sortir dans la rue n’est pas la meilleure manière de régler les problèmes. «L’affrontement n’est pas une solution, la négociation et le dialogue constituent la meilleure voie pour résoudre les problèmes», ajoute-t-il.

Au MSP, on estime que la question du timing d’une revendication ne doit pas être un prétexte  pour l’évacuer. «Le pouvoir d’achat a réellement dégringolé et beaucoup de gens souffrent, et il est impossible que les concitoyens n’abordent pas cette problématique. En tant que formation politique, il est aussi de notre devoir d’en faire état», lance Abderrahmane Benferhat, responsable dans la direction du parti.  Il estime que cette problématique doit être évoquée et débattue dans «un dialogue sérieux et responsable ». Chose que préconise aussi Le Front El Moustakbal. Hadj Belghaouti, responsable au sein du parti, note  que dans tous les cas de figure, la question du pouvoir d’achat requiert un débat, et non «de simples déclarations de ministres qui promettent de régler les problèmes». «Pourquoi ne pas organiser un atelier national qui met en présence l’ensemble des protagonistes pour sortir avec des recommandations bien étudiées?», s’interroge-t-il.

De son côté, le président du Front national algérien(FNA), Moussa Touati,  appelle aussi à l’impératif de régler «la baisse du pouvoir d’achat au travers d’un dialogue mais aussi au travers d’un investissement dans une économie alternative.

Fatma Zohra-Hakem