Sétif : Un musée actif et attractif

Entamées le 18 avril dernier, sous le thème «Valorisation économique du patrimoine culturel», les activités inscrites au programme du musée public national de Sétif se poursuivent comme prévu.

Le coup d’envoi de cette manifestation culturelle a été marqué par le vernissage d’une exposition de tableaux intitulée «Les collections muséales comme source de valorisation et de promotion économique»,  suivi par le lancement d’un concours intellectuel sur le contenu du musée qui reste une source d’inspiration. Selon la directrice du musée, Chadia Khalfallah, l’objectif de ces activités est de faire découvrir  notre patrimoine culturel aux jeunes générations et consacrer les fondements de l’identité nationale. C’est aussi l’occasion de mettre en évidence les  civilisations anciennes depuis la création de l’homme à nos jours. Cette première quinzaine a mis en évidence l’aspect important du patrimoine culturel matériel de la région de Sétif à travers ses périodes historiques. «Nos activités se poursuivent dans de très bonnes conditions selon le programme préétabli. Nous sommes mobilisés pour sa réussite. Notre but est que le visiteur soit imprégné de cet événement culturel universel. Nous recevons des visiteurs de toutes les franges de la société et des wilayas environnantes. Le plus souvent, ils viennent en famille pour faire découvrir à leurs enfants la valeur d’un musée et de l’art en général», a confié à Horizons la responsable. Lundi dernier, c’était au tour d’une trentaine d’élèves de l’école des malentendants de participer à des ateliers. Ils travaillent avec le même programme, au même titre que les élèves des autres établissements scolaires. Ils ont participé à des jeux de puzzle avec comme thèmes la mosaïque de Bacchus exposée au musée et les animaux préhistoriques qui ont vécu à Aïn Lahneceh durant l’ère de la préhistoire. Avant de quitter le musée, ils ont découvert son trésor archéologique à travers une visite guidée avec traduction et explication en langage des signes. Evoquant l’important rôle des ateliers, la directrice notera qu’ils restent actifs tous les jours et reçoivent la plupart du temps la visite des parents accompagnés de leurs enfants.
La valise muséale dans les zones d’ombre et rurales
Durant ce mois de Ramadhan, des portes ouvertes sur le musée avec des visites encadrées durant les soirées ont été organisées. Parallèlement, une exposition sur la cuisine romaine et islamique à travers la collection du musée de Sétif a permis aux familles, notamment les femmes, de découvrir l’art culinaire ancien des deux époques avec tout le processus de cuisson (ustensiles utilisés et préparation). Sur place, un atelier, sorte de workshop, montre les recettes de la cuisine romaine. Des communications traitant des sujets en relation avec le mois du patrimoine culturel ont été animées par des spécialistes en archéologie. Des vidéos sur l’histoire ancienne de Sétif et sa région à différentes époques ont été projetées en virtuelle. Des journées d’information et de sensibilisation sous le thème «Mécanismes d’investissement économique dans le patrimoine culturel» ont permis d’aborder ce nouveau mode d’investissement auprès des opérateurs économiques qui découvrent pour la première fois ce créneau d’affaires. Durant cette première quinzaine du mois du patrimoine a germé l’idée, selon la directrice,  d’institutionnaliser un événement culturel annuel dans le musée sous le thème de «Rencontre des musées». Il reste à définir et monter le projet pour le concrétiser sur le terrain avant la fin de cette année. Parlant de la valise muséale, sorte de mini musée mobile, elle a touché six établissements, d’une moyenne de 400 à 500 élèves chacun, notamment dans les zones d’ombre et rurales. Au programme, six autres établissements restent à la découvrir. «Ensuite, ce sera au tour des associations et aux établissements de la jeunesse d’en bénéficier. La crise sanitaire du coronavirus nous a énormément stoppé dans notre élan», a déploré Khalfallah. Entre le 1er janvier et le 18 avril de l’année en cours, le musée a reçu 2.449 visiteurs, avec une moyenne de 800 par mois et des élèves de 14 lycées et CEM.
Azzedine Tiouri