L’opérette «Maâlim» présentée au TNA

A l’occasion de la célébration de la Journée nationale de la mémoire, commémorant les massacres du 8-mai-1945, le Théâtre national algérien Mehieddine-Bachtarzi (TNA), a programmé, dans la soirée du samedi, une représentation de l’opérette «Maâlim» (repères), produite par la Coopérative culturelle  «Afkaroua Founoun» d’El Eulma.

Écrit et mis en scène en 2011 par Abdelouahab Tamhacht  président de la coopérative, le  spectacle de 50 minutes retrace un évènement qui s’est produit dans la ville de Saint-Arnaud (ancien nom d’El Eulma). Un moudjahid a tenté d’assassiner un capitaine de l’armée française dénommé Bernard, appelé également par la population «Boukelba» pour être toujours accompagné de sa chienne. L’attentat qui a échoué a conduit au regroupement de la population de la ville  durant 14 jours dans le stade municipal. Après plusieurs jours de recherches et de tortures le moudjahid fut  arrêté et exécuté. Par ce spectacle, le metteur en scène a voulu donner un aperçu du traitement de la population par l’armée française et les souffrances endurées par celle-ci durant la période qui a suivi les événements du 8 mai 1945. Tamhacht a aussi voulu mettre en avant le rôle des Harki, à travers le personnage du Kaid Ben Achour, interprété par le metteur en scène lui-même. «Un rôle très difficile à jouer pour sa symbolique», confie  Tamhacht. 8 comédiens et 4 comédiennes ont présenté l’œuvre sous forme de pièce théâtrale accompagnée de chorégraphies et de textes déclamés en Play-back. Dans un décor simple composé d’un mur sur lequel on peut voir des coupures de journaux évoquant la période et des dessins symbolisant la torture et le combat du peuple algérien. Le mur symbolise également la séparation de la population algérienne des colonisateurs. La pièce se termine sur des scènes de liesse avec l’avènement de l’d’indépendance et un vibrant hommage aux martyrs. «Maâlim», qui dépasse sa 300e représentation  a été  filmée pour la télévision par le réalisateur Ali Aissaoui. Elle a également été produite plusieurs fois à la Radio nationale. La Coopérative culturelle «Afkaroua Founoun», a également produit une comédie musicale intitulée «Tafacil» (détails) qui s’est jouée en même temps au Théâtre régional d’Oum El Bouaghi. Tamhacht rappelle que la Coopérative est née en 2013 de l’Association culturelle «Bila Houdoud» d’El Eulma l’organisatrice de l’évènement «Les journées littéraires  d’El Eulma», qui en sont à leur 17e édition. Elle est aussi l’initiatrice du premier Festival du rire qui a vu la participation de plusieurs comédiens et humoristes algériens. Tamhacht a également réalisé plusieurs œuvres théâtrales dont «Matar al dakira» (pluie de mémoire), «Nass al khaima» (les gens de la tente).  Selon lui,  toutes ont été filmées par la Télévision nationale et diffusées à l’occasion de la commémoration de fêtes nationales. Il est aussi auteur  de deux romans en langue arabe, «Bakayaradjoul» (débris d’un homme), «Imra’ana’ima» (Une femme endormie), et de «Hala Khassa», (cas spécial) d’un recueil de poésies.
Hakim Metref