Mounira Roubhi Fissa, comédienne : «Instagram ou TikTok ne décernent pas de diplômes»

La comédienne Mounira Roubhi Fissa se dit «fière» de ce qu’elle a accompli  dans l’univers du drame arabe, mais s’est plaint aussi d’un problème qui mine de plus en plus le théâtre en Algérie.

«Ces dernières années, à cause  de l’implication de stars des médias sociaux il s’en suivi  un chaos et une baisse du niveau comparativement aux années précédentes», déplore-t-elle. Evoquant son rôle dans le feuilleton «Rad galbi» (réponse de mon cœur), celle qui mène carrière en Syrie  rappelle qu’il s’agit de sa deuxième expérience dans une série dramatique dans ce pays. «Cela prouve dit-elle que la première expérience a été concluante et conduit les réalisateurs à me  solliciter  pour d’autres œuvres aux côtés de stars avec lesquelles j’ai un immense  honneur et bonheur de travailler», ajoute t-elle.
Selon elle, «les producteurs arabes accordent une grande importance aux diplômes des institutions universitaires et font tout leur possible pour  travailler dans un cadre où règnent les valeurs professionnelles».
Etant diplômée de l’Institut supérieur des arts du spectacle et des métiers de l’audiovisuels (Ismas) de Bordj El Kiffan, elle s’enorgueillit d’avoir étudié le théâtre auprès de professionnels du jeu académique. «J’ai appris à vivre le rôle que j’interprète», lâche-elle. Estimant qu’elle a réalisé son rêve d’incarner un rôle dans des productions arabes, elle s’empresse d’ajouter qu’elle demeure toujours au  service de la promotion del’art dans notre  pays. «J’ai eu l’honneur de travailler dans le théâtre algérien, chaque fois que je suis invitée», proclame-t-elle. Par contre elle ne cache pas un souci. «Personnellement, insiste-t-elle je suis contre l’idée de faire intervenir les stars des médias sociaux pour interpréter des rôles.»
Au sujet de son absence des productions algériennes cette année, elle répond avec un brin d’ironie qu’elle n’a pas obtenu son diplôme chez Instagram, Tik Tok ou YouTube. Elle souhaite dans cet esprit que les responsables valorisent et estiment à sa juste valeur l’art et laissent le véritable artiste évoluer loin de la médiocrité. Ses mots sont durs et espère voir les artistes réagir pour mettre fin à ce qu’elle n’hésite pas à qualifier de décadence. A ce sujet, elle partage l’avis du grand artiste Sid Ahmed Agoumi, qui a soutenu que les stars qui apparaissent sur la toile sont   éphémères.
Rym Harhoura