Grève dans l’éducation nationale : Élèves et parents inquiets

Les mouvements de protestation qui ébranlent le secteur de l’éducation nationale interviennent dans un contexte particulier marqué, entre autres, par la crise sanitaire dont élèves et parents appréhendent toujours les conséquences en milieu scolaire. Que dire du débrayage de trois jours engagé depuis ce dimanche par plusieurs syndicats ?

«Cette grève vient exacerber la situation et mettre en péril l’avenir des élèves qui, en temps normal, ne bénéficiaient pas d’un enseignement de qualité», se plaint un quadragénaire, père d’un lycéen inscrit à l’établissement de Bab El Oued, où le suivi de la grève a été estimé à 60%. «Les conséquences sont plus que lourdes du point de vue pédagogique», dit-il en précisant que même si leurs (corps enseignant) revendications sont légitimes, «les enseignants prennent en otage les élèves, pour les faire valoir».
La situation ne semble pas inquiéter le jeune Redouane. Toutefois, il reconnaît que «ce nombre de journées de contestation pèse lourd sur l’avancement des programmes scolaires». Son camarade de classe déplore la non-prise en compte des intérêts des élèves par leurs encadreurs, lesquels ont choisi les moyens de pression. «La grève met en difficultés les élèves, d’autant plus que la date a été très mal choisie étant donné qu’elle coïncide avec les devoirs de certaines classes. Pour les candidats au baccalauréat, dont je fais partie, ils perdent de précieuses heures de révisions», estime l’adolescent.
 L’impact de la crise sanitaire a été très fort dès le mois de mars 2020. La reprise des cours, l’adaptation des professionnels à la nouvelle conjoncture et l’adoption très rapide de nouveaux mode, pour faire face à l’urgence, n’a pas suffit pour rattraper le temps perdu, selon les syndicats. Ils reconnaissent en effet que le niveau des élèves ne cessent de se dégrader. Raison pour laquelle, nombre de parents ont eu recours aux cours de soutien, prodigués en dehors des heures officielles. Du côté des enseignants, le recours à la grève a été la dernière alternative, pour faire valoir leurs droits socio-professionnels « légitimes »,  après l’échec des négociations avec la tutelle, comme l’a précisé  l’UNPEF sur sa page facebook officielle. Rappelons que plusieurs syndicats activant dans le secteur de l’éducation nationale ont entamé une grève de trois jours (9, 10, 11 mai), dès hier.  En parallèle à l’arrêt du travail, cette coalition syndicale prévoit plusieurs sit-in qui se tiendront devant les sièges des directions de l’éducation nationale. Parmi les revendication soulevées par le collectif des syndicats figurent l’augmentation des salaires, la retraite anticipée, la carrière de l’enseignant. Avec ce nouveau bras de fer entre la synergie des syndicats et le gouvernement, la crise semble loin d’être terminée.
Samira Azzegag