Front national de solidarité : Pour une prise en charge consensuelle des problèmes sociaux

L’institution de médiation de la République est à la recherche d’un consensus autour d’une solidarité nationale. Celui-ci passe, selon le ministre d’Etat, médiateur de la République, par «l’organisation d’un espace de débats constructifs avec la participation de compétences multisectorielles issues des différentes franges de la société», et ce, en vue de créer un front national de solidarité.

«Les divergences politiques doivent, conjoncturellement, céder la place à la recherche de convergences sur les questions sociales et de sécurité nationale», estime Karim Younès. «Aujourd’hui et après avoir établi un constat qui fait peur sur le plan social, il est nécessaire de mobiliser toutes les énergies, à savoir associations, partis politiques et tous les citoyens de bonne foi pour réfléchir à mettre sur la table les points de convergence et ajourner les points de divergence», a-t-il affirmé. Selon lui, «il est impératif de trouver des solutions les plus idoines pour améliorer la qualité de vie des Algériens afin d’éviter l’écroulement social aux conséquences imprévisibles, voire dramatiques, pour toute la société». Younès dit avoir été inspiré d’un éminent philosophe qui avait déclaré : «Mettant en commun ce qui nous rapproche et nourrissons-nous de ce qui fait notre différence.» Pour lui, «tout ce qui peut nous rapprocher en tant qu’Algériens, nous devons le préserver et à chacun de nous d’apporter ce qu’il a pour l’améliorer. On doit respecter, toutefois, les différences des uns et des autres sans laisser celles-ci prendre le pas sur nos convergences». «Nous avons besoin de faire sortir le pays de cette ambiance malsaine et difficile», a-t-il plaidé. Et d’ajouter: «J’ai fait la tournée de toutes les régions du pays où j’ai rencontré beaucoup de citoyens de différentes tendances et je peux dire que ce n’est pas toujours facile d’entendre ce que nos citoyens ont à nous confier.» Le front social de solidarité qui aura pour socle le respect des droits de l’homme a pour objectif de définir une démarche consensuelle de prise en charge des problèmes sociaux. Il s’agit d’assurer l’équité régionale dans la répartition des ressources et la sauvegarde de l’emploi et de la production des entreprises dont les responsables ont été pénalement sanctionnés. Outre l’identification et la mobilisation des ressources de financement hors hydrocarbures, le front national de solidarité définira les règles du fonctionnement de la justice et procédera à l’élaboration d’une charte d’éthique et morale pour les activités politiques et syndicales. Pour le médiateur de la République, «l’Algérie traverse une période critique au plan interne et externe menaçant la stabilité des institutions et la paix sociale. La période que nous traversons ne laisse pas de place à la confrontation politique ni à la compétition des programmes partisans». D’ailleurs, dit-il, «les réflexions issues des ateliers spécialisés feraient l’objet d’adhésion consensuelle que chaque partie représentée s’engagerait à respecter lors de la reprise de la compétition politique». Le conseiller du président de la République chargé de la société civile et de la communauté algérienne à l’étranger abonde dans le même sens. De l’avis de Nazim Berramdane, «la situation actuelle du pays appelle à la constitution d’un front social solide», soulignant que «des efforts doivent être consentis pour arriver à cet objectif qui nécessite l’implication de toutes les parties qu’ils soient de hauts responsables, des acteurs politiques ou société civile». Il affirme que «les Algériens ont plus que jamais besoin de se retrouver autour de cette coalition pour conforter leurs convergences». Pour lui, «ce projet doit nécessairement émerger de façon très spontanée pour pouvoir jouir d’une solide assise». Il salue, néanmoins, l’initiative du ministre d’Etat qui peut, assure-t-il, «constituer un début pour la construction d’un front social pouvant réunir toutes les tendances politiques, les institutions de l’Etat et la société civile». Il ne faut pas oublier, rappelle Berramdane, que «l’Algérie fait face à des menaces concrètes. Il suffit de faire le tour des réseaux sociaux pour s’en convaincre. Les tentatives de provocation et de déstabilisation du pays sont de plus en plus présentes et visibles, d’où l’intérêt d’un front social solide et représentatif».

Assia Boucetta