Grève dans l’éducation nationale : Des syndicats passent à l’acte

Comme prévu, quatorze syndicats autonomes du secteur de l’éducation nationale ont entamé, depuis ce dimanche, une grève de trois jours accompagnée de plusieurs sit-in devant les sièges des directions de l’éducation. Ils revendiquent l’amélioration du pouvoir d’achat des travailleurs, le rétablissement du droit à la retraite sans condition d’âge et la permanisation des travailleurs des corps communs.

 «Ce mouvement se veut avant tout une mise en garde à la tutelle quant à l’urgence d’une prise en charge concrète des doléances des travailleurs, particulièrement la sauvegarde du pouvoir d’achat pour éviter une explosion sociale certaine», a souligné le coordinateur national du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), Meziane Meriane, pour qui le taux de suivi de la grève n’a pas d’importance dans ce genre d’action. «Le pourcentage importe peu. C’est plutôt une alerte des syndicats aux autorités, qu’il faut prendre au sérieux, ainsi que la bien-fondé des revendications auxquelles il faudrait une réponse rapide», a-t-il soutenu. Dans ce sillage, il a regretté l’absence d’un véritable dialogue au moment où la situation sociale des enseignants est «lamentable», nécessitant une réelle prise en charge. Aussi, il a estimé que le dialogue devrait être mené avec ceux ayant le pouvoir décisionnel.
Le président de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (Unpef), Sadek Dziri,   abonde dans le même sens, soutenant que ce mouvement de protestation a été une réussite avec à la clé une «adhésion massive» des travailleurs. Selon lui, le taux de suivi diffère d’une wilaya à l’autre et d’un cycle à l’autre, en fonction de la mobilisation et la représentativité des syndicats.
«Ce mouvement se veut un avertissement qui doit être entendu. Nous demandons à ce que les décisions du gouvernement soient à la hauteur des attentes des travailleurs, notamment en ce qui concerne l’augmentation des salaires», a-t-il insisté.
Parmi les syndicats ayant appelé à la grève, figurent l’Unpef, Cela, Satef et Snapest. Ce mouvement intervient après celui initié par le Conseil national autonome du personnel enseignant du secteur ternaire de l’éducation (Cnapeste),les 12 et 13 avril derniers. Le ministère de l’Education nationale a fait état dernièrement  de son engagement à prendre en charge toutes les «préoccupations» soulevées, appelant la famille éducative à faire preuve de responsabilité, et ce,pour la stabilité du secteur et l’intérêt de l’élève. Le président Tebboune a ordonné,  dimanche dernier, l’engagement d’un dialogue avec les différents partenaires sociaux aux fins d’améliorer la situation socioprofessionnelle des travailleurs du secteur de l’éducation nationale et de revoir le statut particulier de l’enseignant.
Amokrane H.