Fruits et légumes : Une hausse des prix de 15% des, selon l’UGCAA

L’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA) préconise une hausse de 10 à 15% des prix des fruits et légumes à la veille de la fête de l’Aïd el fetr.  Selon le président de cette Union, Hezab Ben Chahra, la demande sur ces produits dépassera l’offre, entrainant ainsi une augmentation dans les prix.

«A cause des intempéries de ces derniers temps, des récoles agricoles ont été endommagées, réduisant ainsi l’offre en ces produits. Toutefois, les intempéries ne sont pas les seules en cause. Si les produits agricoles sont si chers, c’est parce que le nombre des intermédiaires et des commençants de détails ont fortement augmenté», dit-il, soulignant que les prix ne vont pas baisser et que cela n’a rien de conjoncturel. Il a indiqué, dans ce contexte, que la création récente de nouveaux marchés de proximité, 15 000 au total, a boosté la demande sur les fruits et légumes chez les commençants de détails. «Par conséquent, au lieu d’une vingtaine de commerçants de détails il y a quelques mois, les grossistes traitent avec une centaine, réduisant ainsi considérablement l’offre. Ajoutant à cela l’absence d’une culture de consommation de la plupart de nos citoyens qui surconsomment certains produits», signale-t-il. Pour lui, tant que la régulation du marché ne s’effectue pas en fonction d’une étude sérieuse et profonde, tant que des mesures d’organisation sont occasionnelles, la mercuriale ne sera jamais stable. « On ne peut pas parler de stabilité et de régulation alors que l’anarchie règne et que les intermédiaires fixent leurs prix à leur guise. Tant que le commerce de «bricolage» perdure, les prix s’envolent», prévient-il.
L’Association pour la protection des consommateurs el Aman s’attend également à une hausse dans les prix à la veille de la fête de l’Aïd. A l’occasion de cette fête religieuse, rappelle-t-il, comme les ouvriers agricoles rentrent d’habitue chez eux une dizaine de jours à l’avance, le volume de la récolte diminue, impactant ainsi l’offre. «L’offre baisse et la demande augmente entrainant ainsi une hausse dans les prix.  Cela n’a rien d’anormal. Toutefois, ce qu’on trouve anormal, c’est la non baisse des prix des fruits et légumes tout au long de ce mois de ramadan alors que d’habitude, la mercuriale reprend sa normalité une semaine après le début du mois de carême. C’est le consommateur qui a le plus souffert de cette situation. Beaucoup de familles sont en difficultés financières après la fermeture d’entreprises à  cause du Covid-19», révèle-t-il, tout en signalant que la hausse pourrait atteindre les 15%  comme elle pourrait dépasser les 20%. « Chacun fixe les prix à sa guise. Comme le marché des fruits et légumes et les réseaux de distribution sont imprévisibles et plus versés dans l’informel que dans le formel, il est impossible d’avoir des statistiques et des prévisions stables. Nous sommes loin des marchés structurés où les prix unitaires et de référence étaient affichés au quotidien !», déplore-t-il, remarquant que la mercuriale est différente d’une région à une autre. Aujourd’hui, affirme-t-il, personne ne peut donner des statistiques précises sur le marché de légumes et aucun paramètre en matière de prix ne peut être établi. D’autant plus, précise-t-il, que la plupart des consommateurs font leur marché à 60% dans l’informel.
Farida Belkhiri