Vaccination contre la Covid-19 : La dynamique reprendra à la fin du mois

Lancée fin janvier dernier, la campagne nationale de vaccination se poursuit à un rythme très lent, de l’avis aussi bien des médecins que de nombreux responsables du secteur. Le Pr Ryad Mehyaoui, membre du Comité scientifique de suivi de la pandémie de la Covid-19, explique que l’accélération du rythme de la vaccination dépend toujours des quantités réceptionnées par l’Algérie.

«Avec la réception au cours des mois de mai et juin de nouvelles quantités, le rythme connaitra une amélioration» dit-il, enthousiaste. Et d’ajouter : «Notre grand espoir est le vaccin qui sera produit ici en Algérie dès septembre prochain.» Le Pr Mehyaoui poursuit que la tension est d’ordre mondial et l’Algérie, comme de nombreux pays, en pâtit, d’où ces retards dans la livraison.  Sur les réticences des citoyens au vaccin AstraZeneca, le professeur dira que le meilleur vaccin «est celui qui est disponible». «On n’a pas le droit de faire le tri, il faut écouter et faire confiance à la médecine. La fréquence des effets secondaires du vaccin AstraZeneca est tellement insignifiante qu’il ne faut même en parler», a-t-il expliqué.  De son côté, le Pr Rachid Belhadj, directeur des activités médicales et paramédicales au CHU Mustapha-Pacha d’Alger, estime qu’avec la réception prochaine de un million de doses, selon la déclaration du ministère de la Santé, les choses vont s’améliorer. Il est préférable, selon lui, de vacciner en masse en donnant la priorité aux personnes âgées de plus de 60 ans et à celles souffrant de maladies chroniques. «Avec la réception d’une autre marque de vaccin, j’espère qu’on réussira notre campagne vaccinale qui reste le meilleur moyen de se protéger contre l’infection et de réduire le taux de mortalité.» Selon lui, le vaccin est un moyen efficace de lutter contre la propagation des nouveaux variants, d’où l’impératif d’accélérer la cadence des vaccinations.

Seules les mesures barrières…

Par ailleurs, le professeur lance un appel aux citoyens afin de respecter les mesures barrières et d’éviter le retour au confinement. «Nous avons vécu une situation traumatisante lors du premier confinement. Beaucoup de personnes souffrent de traumatismes post-Covid, alors pour ne pas revivre la même situation, il faut porter le masque et observer la distanciation physique», a-t-il dit. Dans une déclaration à la Radio Chaine III, le Pr Nourddine Zidouni, expert international en maladies respiratoires, a plaidé pour l’accélération de la cadence de vaccination. Selon lui, les autorités sont appelées à utiliser toutes les voies diplomatiques d’une façon intense pour fournir à l’Algérie des quantités plus importantes. «Il faut faire très vite que notre diplomatie soit plus percutante, en utilisant les relations séculaires et d’amitié que nous entretenons avec des pays comme la Russie et la Chine, pour que nous puissions respecter nos engagements dans les plus brefs délais», a-t-il expliqué. Selon lui, pour arriver à une immunité collective à hauteur de 70%, il faut vacciner au minimum 20 millions de citoyens. «Je suis réaliste,  j’essaye d’analyser la situation épidémiologique selon des données factuelles. Pour l’instant, nous nous sommes très loin des taux avancés», a-t-il affirmé. Pour rappel, le ministre de la Santé, Abderrahmane Benbouzid, a annoncé, samedi dernier, la réception d’ici à la fin du mois en cours, de plus de un million de doses des vaccins anti-Covid-19, SputnikV (Russie), AstraZeneca (Angleterre) et Sinovac (Chine).

Samira Belabed