Commerce extérieur : Sous-facturation pour l’export et surfacturation pour l’import

Les règles de fonctionnement de la plateforme  communautaire portuaire d’échanges de données numériques ont été fixées récemment par un décret exécutif publié au Journal officiel.

Une bonne nouvelle, selon les économistes, car ce service permet aux parties concernées par les échanges commerciaux et le transport maritime de déposer des informations, des données, des messages et des documents normalisés au niveau d’un point d’entrée unique. Ce genre de plateformes, selon l’expert en économie, Abdelkader Mechdal, est destinée à l’organisation interne, dans le souci de vérifier l’exactitude des déclarations des opérateurs touchant aux opérations de commerce extérieur. «C’est un outil d’échange d’informations entre les administrations encadrant l’import-export, ce qui permet une bonne visibilité de la qualité des déclarations. C’est aussi un outil pour faire face au problème de la fraude, concernant les produits, leurs prix ou leur origine, ce qui donne cette possibilité de faire la comparaison entre les différentes déclarations, et celles qui se font sur les marchés étrangers», explique-t-il. Pour l’expert dans les exportations, Khaled Begar, cette plateforme assure le suivi du produit et sa traçabilité en termes de flux et d’acheminement, surtout en cas de litige ou de réclamation. «Cette démarche, ou plutôt l’ensemble de ces procédures, vient compléter un certains nombre de dispositions et de réglementations déjà en vigueur en matière de circulation et de flux des marchandises, des biens et services acheminés par voie maritime», précise-t-il. Les nouvelles exigences au plan international commandent à l’ensemble des pays producteurs de biens et services, indique-t-il, de s’aligner et se conformer à l’évolution des lois et normes exigibles et exigées par la communauté  internationale aux pays producteurs et exportateurs. «Ce faisant, l’alignement sur ce genre de procédures et de méthodologie ne peut qu’accorder plus de crédibilité aux pays exportateurs et à ses opérateurs économiques concernés par ce genre d’opération», rapporte-t-il. C’est donc un instrument, confirme Mechdal, qui va instaurer plus de transparence sur les opérations de commerce extérieur et ainsi imposer un accès à l’import-export sur une base concurrentielle. Ce qui manque cruellement en Algérie, selon lui, et fait perdre au pays des sommes colossales en devises en sous-facturation pour l’export et en surfacturation pour l’import, ainsi qu’en termes de qualité des produits importées. Begar se réjouit de l’allégement et de la modification de certaines mesures coercitives douanières. «Cela étant dit, globalement, les procédures à l’interne n’ont pas beaucoup évolué à mon sens. Elles restent plus ou moins rigides, car codifiées, et obéissent à un circuit juridico-administratif prédéfini et préétabli. Sa flexibilité relève des opérateurs douaniers du secteur géographique d’activité et donc, il reste beaucoup à faire en matière de procédures d’allègement et de simplification à l’export», note-t-il. Il estime, par ailleurs, qu’il est impossible, au demeurant, de comparer l’Algérie aux pays traditionnellement exportateurs, dont c’est l’une des raisons d’être sur le plan économique. «La facilitation et l’allégement des procédures restent les maîtres mots. Nous ne sommes qu’aux premiers balbutiements, les importations constituant l’essentiel de l’activité économique de l’Algérie et des économies similaires», conclut-il.
Farida Belkhiri