«Babor Ellouh»

Il est symptomatique que la première production filmique lancée sur la plate-forme de vidéos à la demande Yara, le Netflix algérien, ait été un feuilleton «Babor Ellouh» qui traite de l’émigration clandestine. Cette aventureuse et souvent mortelle entreprise dans laquelle se lancent des centaines de jeunes algériens revient cycliquement au devant de l’actualité. Rien ne semble arrêter ce phénomène, ni les risques, ni les intempéries, ni le mois de Ramadhan, ni les mesures de répression, ni les promesses de lendemains meilleurs. Les observateurs ont ainsi relevé, ces derniers jours, un subit accroissement des arrivées sur les côtes ibériques d’embarcations bourrées de jeunes candidats à l’émigration clandestine. Cette pression migratoire alimentent les peurs et les sentiments xénophobes sur la rive Nord, les déchirements et les drames dans les pays émetteurs, qui ont jusque là échoué à réduire l’ampleur de cette hémorragie. Pis, il semblerait qu’une certaine solidarité s’est même instaurée dans cette filière qui prend des dimensions maghrébines, puisque on signale que des passeurs tunisiens participent avec leurs homologues algériens pour organiser ces voyages clandestins. La solidarité maghrébine n’est pas un vain mot aussi pour l’Algérie, qui est ainsi allée à la rescousse de sa voisine orientale. En détresse respiratoire en raison de la pénurie d’oxygène provoquée par l’aggravation de la Covid-19, l’Algérie a envoyé des cargaisons d’oxygène liquide pour donner un peu d’air à la Tunisie. Côté Ouest, les choses sont moins souriantes. Nos voisins marocains, ces derniers jours, ne cachent pas leur contentement à la proche extinction du contrat sur le gazoduc «Maghreb-Europe», après vingt-cinq ans d’exploitation de cette infrastructure énergétique qui a pourtant financièrement bien profité au royaume pendant toute cette durée. Ce n’est peut être que spéculations de journalistes toujours heureux du moindre tort à porter à l’Algérie, mais ils insistent à penser que ce contrat ne sera pas reconduit et que cela empêchera notre pays d’exporter son gaz et, simultanément, leur permettre de se venger de l’Espagne qui a permis au président de la RASD et du Front Polisario de se soigner chez-elle. Sauf que l’Algérie a déjà pris les devants et réalisé un autre gazoduc, qui ne passe pas cette fois par le Maroc, et qui peut prendre le relais au cas où. Mais la plupart des observateurs estiment que le voisin occidental ne renoncera pas aussi futilement à une manne financière, si précieuse en ces temps de stagnation économique, que l’Algérie a bien voulu lui accorder à l’époque pour l’encourager à mieux voir les opportunités et les bienfaits d’une coopération maghrébine respectueuse des uns et des autres. Finalement, la fusée chinoise n’a fait aucun dégât et a sombrer dans les abysses de l’océan. Les Fils du ciel viennent ainsi d’échapper à un lynchage international, après celui subi à la suite de la pandémie de coronavirus. Il est grand temps toutefois de ne plus laisser le hasard faire bien les choses, car la voûte céleste commence à être sérieusement embouteillées par les milliers d’engins spatiaux qui tournent autour de la Terre. Un jour ou l’autre.
O. M.