Blida : Le palais d’Aziza, un patrimoine à sauver 

C’est un palais dont la construction remonte, dit-on, à l’ère Ottomane qui risque de disparaître. Les historiens racontent que la maîtresse des lieux était Aziza, fille du Dey Husseïn et épouse du Dey de Constantine.

Le couple venait, périodiquement se reposer dans ce Ksar érigé en 1797 dans la commune de Béni Tammou. Le poids des années puis sa transformation en prison par l’armée française suivie de son occupation par des familles après l’indépendance ont dégradé la belle construction bâtie dans un domaine d’une superficie de 565 m2. Selon L’hadj Meshoub, directeur de la culture de la wilaya de Blida, une opération de réhabilitation et de restauration du site historique avait été prise, il y a trois années. Une enveloppe financière de plus de 7 millions de dinars a même été dégagée,mais une contrainte est vite apparue. Rien ne pouvait être entamé sans l’évacuation des familles occupant le palais. Elles étaient deux ou trois au début, mais elles se sont agrandies au fil des années et certaines ont apporté des transformations aux lieux. «L’opération de restauration coûtera d’avantage pour que le palais devienne un musée communal», explique notre interlocuteur. Depuis, les familles qui y résident auraient bénéficié de logements, mais refusent de rejoindre la ville de Meftah et «s’accrochent» aux lieux où elles ont vécu. Le projet de restauration «patine» car il n’est nullement la priorité des autorités locales qui ont fort à faire sur d’autres fronts. Certains responsables de la direction de la culture reconnaissent que l’histoire de ce palais mérite d’être plus connue et nécessite des recherches plus approfondies. L’occupation de ce site historique par des familles a néanmoins empêché les chercheurs de faire ce travail, préalable à toute vraie opération de réhabilitation. Aujourd’hui, le site menace ruine et sa restauration risque de se révéler de plus en plus difficile. Devant l’indifférence des autorités locales, l’intervention du ministère de la Culture et des Arts est souhaitée pour sauver un site qui fait partie de l’histoire et de la mémoire de la ville de Blida. C’est l’un des témoins du passé de la citée fondée au XVIe siècle par Sidi M’hamed El-Kebbir et qui avait accueilli un fort contingent de musulmans revenus d’Andalousie. Elle était une sorte de retraite verdoyante pour les «notables» de l’époque qui cherchaient calme et tranquillité.

M. Benkeddada