Constantine : Le Malouf en boucle

Le Malouf ou le répertoire de la musique arabo-andalouse de Constantine aura tourné en boucle tout au long des soirées  inscrites au programme d’animation des veillés du mois de Ramadhan.

Les chanteurs locaux se sont succédé sur les scènes du Zénith, du Théâtre régional (TRC) et de la Maison de la culture Malek-Haddad. Ce patrimoine musical aura régné  presque en maître absolu au grand bonheur du public qui s’est vu proposer diverses variantes. Les adeptes du genre, notamment les Constantinois férus de cette musique savante n’ont pas, en effet,  le même degré d’attirance pour tel ou tel  artiste. Quoique la trame andalouse soit respectée par tous  Salim Fergani, Abbas Righi, Adlène Fergani, Ahmed Aouabdia, pour ne citer que cette belle relève issue de l’école de Hadj Mohamed Tahar Fergani et de Kaddour Darsouni  a ses  propres fans qu’on retrouve peu ou rarement ailleurs. Toutefois l’émotion reste toujours intacte et identique. «On ne se  lasse jamais d’écouter le Malouf. Il faut juste choisir son bon interprète pour l’apprécier davantage», confie un mélomane puriste du genre. D’autres,  emportés par les mélodies se soucient moins de détails  dès lors que la  musique est plaisante même «chantonnée», disent-ils. Pour sa  bonne pratique à Constantine, on veut que cet art arabo-andalou soit présenté sans fioritures. Point de place pour une harmonisation étrangère aux sons originels insistent, depuis des années, des artistes récusant toute modernité dans l’orchestration. Pour eux, cette fidélité aura préservé cette musique de toute altération De ce point de vue, des associations musicales comme (El Inchirah, Maqam,…) qui ont suivi à la lettre les consignes des Cheikhs afin de retranscrire fidèlement cet héritage ont joué un grand rôle. La démarche de transmission s’est toutefois basée, jusqu’ici sur l’écoute. Sur le plan technique, le problème de notation de cette musique reste posé malgré les suggestions de spécialistes. L’ethnomusicologue Abdelmalik Merouani, appelle à codifier cette musique savante pour sa  transmission aux générations futures. Pour lui, «le Malouf devra être porté dans des partitions pour le doter d’une base académique». Sera-t-il entendu ?
Nasser Hannachi