2e jour de grève dans l’éducation : Les syndicats lorgnent du côté gouvernement

Au deuxième jour de la grève dans le secteur de l’éducation initiée par l’Intersyndicale composée de 14 organisations, le taux de suivi du mouvement a été estimé à 72% par les responsables des syndicats.

«Le taux de suivi a atteint les 72%», a affirmé le président du bureau national de l’Union nationale du personnel de l’éducation et de la formation (UNPEF), Sadek Dziri, précisant que la grève a été suivie à travers l’ensemble du territoire national. «Ça concerne les trois paliers de l’enseignement», tient-il à préciser. De son côté, le président du Conseil des enseignants des lycées d’Algérie (CELA), Zoubir Rouina, a qualifié de réussite le mouvement de grève suivi à 72%. Le coordinateur du Syndicat national autonome des professeurs de l’enseignement secondaire et technique (Snapest), Meziane Meriane,  quant à lui, estime qu’il y a nécessité de réfléchir au-delà des chiffres. «Il faut voir la réalité sur le terrain et solutionner les problèmes posés», tempère-t-il. A ce propos, Sadek Dziri estime que le l’Intersyndicale qui n’a pas été contactée par la tutelle attend une réaction de la part du gouvernement. «La grève et les sit-in se poursuivent et nous attendons la réponse du gouvernement pour la définition d’un agenda pour la mise en application du statut particulier ainsi que des clarifications sur la prise en charge de nos revendications socioprofessionnelles», lance-t-il précisant que les syndicats attendent toujours la réponse du ministère de tutelle à propos des mécanismes de la prise en charge des doléances des travailleurs du secteur. «Jusqu’à ce jour, nous n’avons pas reçu de réponses», déplore-t-il. Dès lors, l’Intersyndicale n’a pas trouvé d’autres recours que de s’adresser directement au président Tebboune. «Nous interpellons le président de la République pour qu’il nous définisse une prime spécifique au secteur de l’éducation en attendant l’ouverture du dossier  du régime indemnitaire et des salaires», explique-t-il.
Par ailleurs, les 14 syndicats devront se rencontrer aujourd’hui pour faire le bilan du débrayage de trois jours. «Nous aurons à faire une évaluation de la grève de trois jours et tracerons les perspectives», précise Meriane. Les parents d’élèves, de leur côté ,rejettent la démarche de l’Intersyndicale de l’éducation. «Nous sommes opposés à la grève même si la situation des enseignants est inquiétante», souligne, à cet égard, le président de l’Association nationale des parents d’élèves, Khaled Ahmed, précisant que la cherté de la vie ne concerne pas uniquement les enseignants mais également les parents d’élèves. «Nous appelons les enseignants à la raison et à la sagesse parce que nous sommes dans une période très délicate avec une situation sanitaire, économique et sociale délétère», estime-t-il, préconisant qu’il serait préférable que les syndicats gèlent leur mouvement de grève et attendent la fin de la pandémie. «Il vaut mieux que les syndicats attendent encore un peu que la pandémie passe et que le président de la République prenne les décisions adéquates concernant le secteur», précise-t-il.
Fatma Zohra Hakem