Aïd El Fitr : Des médecins préconisent un confinement général

 

Pour la deuxième année consécutive, les musulmans célébreront la fête de l’Aïd El Fitr dans un contexte marqué par la pandémie de la Covid-19.  En Algérie, on enregistre depuis quelques semaines une hausse des cas de contamination.

A quelques jours de la célébration de la fête, les autorités sanitaires n’ont pas encore annoncé des mesures particulières pour cette occasion. Avec la recrudescence des contaminations et l’apparition des variants britannique, nigérian et indien, les praticiens de la santé craignent une explosion des hospitalisations au lendemain de la fête. Face à une telle éventualité, le président du Syndicat national des médecins généralistes de santé publique (SNMSP), le Dr Salah Laouar, propose un confinement général de deux ou trois jours pour préserver la santé de la population. «Si les autorités ne prennent pas les mesures adéquates, il y a risque de voir le nombre de cas augmenter dans un contexte marqué par un relâchement, voire un abandon des mesures barrières», alerte-t-il. Et d’ajouter : «A chaque fois qu’il y a absence d’application des mesures coercitives et de sanction de la part des autorités, les citoyens ont tendance à oublier les gestes barrières». Selon le président du SNMSP, la situation épidémiologique est caractérisée par trois indicateurs importants qu’il faut prendre en compte. Le premier est lié à l’augmentation du nombre de cas quotidiennement, le deuxième a trait à l’augmentation du nombre de décès (10 décès). Le dernier concerne l’augmentation du nombre de cas atteints par des variants plus contagieux, ce qui complique davantage la situation. «Non seulement, il y a une augmentation du nombre de cas, mais aussi l’apparition de nouveaux variants avec des complications graves, même chez les enfants et les jeunes. Ce qui risque de provoquer la saturation des hôpitaux», soutient Laouar. Selon lui, quelle que soit la situation, le risque d’une flambée des contaminations peut survenir à tout moment, même si l’Algérie fait partie des pays à faible prévalence de l’infection. «Il ne peut y avoir une amélioration de la situation si on change pas de comportement et si on continue à baisser la garde», prévient-il
Abondant dans le même sens, le Dr Chebane, médecin généraliste au niveau d’une structure de proximité à Tizi Ouzou, soutient que si le comité scientifique ne prend pas les mesures adéquates, le prix à payer risque d’être fort, compte tenu des traditions de cette fête, notamment les visites familiales. Le praticien propose aussi un confinement de quelques jours. «Nous appelons à la prise de conscience individuelle et collective des citoyens qui doivent comprendre que ces restrictions ne sont pas pour limiter les libertés mais sont des exigences du contexte sanitaire mondial», insiste-t-il.  Et  de mettre l’accent sur la nécessité de respecter les mesures barrières lors du déplacement aux cimetières ou des réunions familiales. «L’Algérie risque de vivre une troisième vague qui sera plus dévastatrice», met-il en garde.
Samira Belabed