L’Algérie condamnée à avancer

L’allégement des mesures de restrictions sanitaires a donné de l’air à ce Ramadhan qui vient de s’achever, ce qui a eu pour effet d’animer sensiblement nos cités, de raccommoder quelque peu le tissu social à travers des actions de solidarité et, pour les entreprises de production, les commerces et les services, de renouer avec le business et se refaire une santé financière mise à rude épreuve par la pandémie. L’Algérie n’est cependant pas encore sortie de l’auberge et cet aspect positif ne doit pas  faire illusion. Comment ne pas relever l’augmentation honteuse et généralisée des prix des fruits et légumes et des viandes, les tensions sur des produits de large consommation comme le lait et l’huile de table, la cherté des produits d’habillements… Importée ou de fabrication locale, l’inflation a saigné à blanc les ménages devant l’impuissance du gouvernement à implémenter une quelconque solution. Même le fameux dispositif Syrpalac s’est révélé cette fois totalement inefficace à enrayer le prix haussier de la pomme de terre ou ramener sur terre celui du poulet. Rien de surprenant donc que les premiers soubresauts sociaux se soient manifestés, à travers notamment les grèves des corps de la Protection civile et de l’éducation nationale qui revendiquent une revalorisation conséquente de leurs salaires.

Si les candidatures, heureuses ou malheureuses, partisanes ou indépendantes, n’ont pas manqué pour les prochaines élections législatives, ressuscitant quelque peu une scène politique ravagée par les derniers événements politiques qui ont secoué le pays, le doute reste toutefois permis sur leur capacité à mobiliser l’opinion. Plus que jamais, en effet, le plus ardu sera de convaincre les citoyens d’aller mettre un bulletin de vote dans l’urne. Dans tous les cas, l’Algérie est condamnée à avancer, quels que soient les obstacles et difficultés, et conduire les réformes nécessaires pour remettre le pays sur rails. C’est la seule alternative pour le sortir de l’économie de rente, source de toutes les crises, et l’engager sur une voie de développement plus saine à même d’offrir des perspectives à une jeunesse assoiffée de vivre mais aussi si désireuse de contribuer, par sa compétence et sa créativité, à l’épanouissement de sa patrie.

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