Programmes télévisés du Ramadhan : Le temps du bilan

Avec la fin du Ramadhan qui approche, le temps de grâce accordé par les téléspectateurs algériens aux productions nationales va s’achever.

Encore une fois, le mois de Ramadhan a réconcilié les Algériens avec les productions télévisuelles locales qui se sont déclinées en séries, feuilletons, émissions de divertissement et heureusement en une seule caméra cachée. Le temps des évaluations est-il venu ? Oui au regard de la soirée organisée par la production du feuilleton «Yemma» diffusée sur Djazairia, en hommage aux acteurs, actrices, techniciens et producteurs dans un hôtel luxueux d’Alger. Un hommage particulier a été rendu au grand comédien Sid Ahmed Agoumi et l’occasion a été donnée aux comédiens pour dire tout le bien sur  cette expérience télévisuelle et  son impact sur le  public. Toutefois, si la saison 2 du feuilleton «Yemma» a tenu ses promesses, elle n’a nullement excellé. «Liyem», le feuilleton de Nassim Boumaïza, écrit par Manel Messaoudi se bonifie au fur et à mesure qu’évolue l’incroyable histoire de rivalité familiale entre gens  sans scrupules et prêts à tout quitte à participer activement dans des trafics d’organes et autres magouilles mafieuses. Heureusement que cette sombre ambiance est atténuée par  l’idylle qui se dessine en filigrane entre Dounia et Adem les deux personnages principaux du feuilleton. A signaler que ce feuilleton diffusé par la Terrestre est précédé par un quiz. Le  téléspectateur est invité à répondre à des questions culturelles. L’idée est bonne et les animateurs sont à la hauteur de leur mission. La déception vient de la série «Tass3inette» pourtant écrite et réalisée par Abdelkader Djerioui qui s’était distingué dans le feuilleton «Ouled Lahram». A l’origine, la  série est censée revisiter les années 70 en mettant en vedette Cheb Hamid, une des premières stars du rai, campé par l’excellent Mohamed Khassani. Le récit s’effiloche en raison de la faiblesse du scénario et du manque criant d’imagination. Heureusement que le feuilleton «Achour El Acher» maintient le cap. Là nous sommes en présence d’un véritable succès public. Tout est bien ficelé au niveau de la réalisation avec de somptueux décors ou de l’interprétation et enfin de l’histoire où le rire et la dérision tiennent en haleine le spectateur. Après un arrêt de 3 jours en raison du deuil observé, suite au décès du comédien Blaha Benziaane, Achour El Acher reprend avec un hommage à l’artiste, ami et partenaire de cette aventure hilarante. Autre satisfaction, l’émission de divertissement «Zoom» que diffuse El Djazaria et qui met en exergue en exergue les anomalies des scénarios des feuilletons et séries proposées par les diverses chaînes de télévision algériennes. Il y a de la pertinence et du génie dans le regard de cet observateur avisé du programme spécial Ramadhan. Au regard des nouvelles productions télévisuelles et surtout de l’émergence de nouveaux comédiens, réalisateurs et scénaristes, il est temps d’instituer un concours qui récompenserait les meilleurs compétences comme ce fut  le cas avec le prix «les Fennecs d’Or».
Abdelkrim Tazaroute