Gestion de la crise sanitaire  : Des victoires et des lacunes 

Juste après la détection des premiers cas dans notre pays, les autorités ont pris des mesures pour faire face à la crise sanitaire du Covid-19 avec pour principal souci de casser la chaîne de transmission du virus. Pour quels résultats ?

Fermeture des frontières, des établissements de formation, restrictions pour certaines activités économiques et commerciales et confinement général. Toutes ces décisions ont été mises en application en vertu du décret exécutif 20-70 du 24 mars 2020 fixant les mesures complémentaires de prévention et de lutte contre la propagation du coronavirus. Tout un arsenal de règlements mis à jour fixait les modalités de mise en place de dispositifs de confinement, de restriction de la circulation, d’encadrement des activités de commerce et d’approvisionnement. En plus des règles de distanciation et de mobilisation citoyenne dans l’effort national de prévention et de lutte, elles ont évité à l’Algérie une catastrophe sanitaire.
Le Dr Mohamed Bekkat Berkani, président de l’Ordre national des médecins, met en exergue les efforts des autorités, des professionnels de la santé et des  citoyens. «Hormis de petites lacunes, l’Algérie a globalement bien géré la pandémie en décidant de fermer très tôt ses frontières», soutient-il. Pour lui, cette prévention a évité le terrible scénario vécu ailleurs. Notre interlocuteur   rappelle aussi que le président de la République a débloqué une enveloppe financière très importante pour l’acquisition de vaccins, l’achat de produits et moyens de protection. «Nous avons relevé le défi et les résultats sont visibles», indique-t-il.
Le seul point noir reste la vaccination. «C’est le flou total. A ce sujet, il faut établir les responsabilités», assène-t-il. «Les autorités ou les personnes chargées du dossier n’ont pas pris de contacts fermes avec les laboratoires à l’été 2020 comme les Etats-Unis qui ont commandé les vaccins avant leur fabrication», fait-il remarquer signalant au passage que plus de 40% des Américains sont vaccinés. «Nous avons perdu beaucoup de temps en optant pour une démarche prudentielle. En temps de guerre virologique, seules comptent la force de négociation et la réaction rapide», renchérit-il.
Il a également évoqué le problème de la communication dont le président de la République a, selon lui, reconnu les faiblesses. «La communication ne consiste pas en la lecture de chiffres chaque soir», relève-t-il. «Pire, la méthode a donné des résultats inverses puisque le citoyen en découvrant ces chiffres a cru à la fin de la pandémie», regrette-t-il.
Le Pr Tahar Rayane, chef de service néphrologie au CHU Nafissa-Hammoud, est formel. «La fermeture des frontières a épargner l’Algérie ce qui ce passe ailleurs», lâche-t-il. «Nous devons désormais être  souples, car il y a beaucoup de personnes bloquées à l’étranger dont des médecins», recommande-t-il. «Il suffit de les rapatrier et d’exiger d’eux un teste PCR et les isoler pendant quelques jours», propose-t-il. Pour les jours de l’Aïd, le praticien plaide pour le renforcement des mesures sanitaires et exhorte les citoyens à éviter toute poignée de main et embrassade.
Samira Belabed