Scène culturelle : Une autre dèche

Le secteur de la culture reste parmi les plus impactés par la crise sanitaire. Plusieurs activités ajournées ou purement annulées.

Des structures voient leurs portes désespérément closes au détriment des dizaines d’employés qui les font fonctionner. Pour les artistes qui vivent de leur art, 2021 reste une année extrêmement difficile. Ce mois sacré a été marqué par une activité culturelle très réduite à Alger et dans les wilayas concernées par le confinement. Les organismes chargés de l’activité culturelle se sont rabattus sur le virtuel. Néanmoins, quelques activités ont eu lieu dans le strict respect des mesures sanitaires. A Alger, le ministère de la Culture, en plus des activités ministérielles, a organisé quelques événements répartis entres les musées et le palais de la culture Moufdi-Zakaria. Pour les musées, ce sont notamment le Musée national des beaux-arts qui a abrité des ateliers de restauration de trois œuvres du sculpteur français Auguste Rodin, animés par l’artiste Ali Boukhalfa. Le musée a également abrité une exposition de calligraphie arabe, de miniature et d’art décoratif qui a réuni huit des plus illustres artistes algériens du domaine. Le même musée a, par ailleurs, permis au jeunes Algériens, durant les mardis après-midi, de s’initier à l’art de la calligraphie et du moulage.
Pour sa part, le Musée national du Bardo a marqué sa présence par une exposition dédiée à la reine touareg Tin Hinan, où il est loisible de découvrir le mobilier funéraire découvert lors de l’exhumation de son tombeau dans la région d’Abalessa, dans la wilaya de Tamanrasset. L’exposition s’inscrit également dans le cadre du programme du Mois du patrimoine qui se tient chaque année du 18 avril au 18 mai. Arts et culture de la wilaya d’Alger et l’Office national pour la culture et l’information (ONCI) ont brillé par leur absence. La grande majorité des salles affiliées à ces deux organismes sont restées malheureusement fermées. A l’exception de quelques galeries qui ont accueilli des expositions durant la journée et des projections cinématographiques, le public algérois n’a pas eu droit à des soirées, chaâbi en tête.
Toujours est-il, l’espace bleu et YouTube ont permis de rattraper le coup par la programmation de soirées en ligne animées par quelques artistes algériens. L’autre victime de la pandémie, le Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi. Le rideau est resté tristement baissé durant toute la période, à l’exception de la Journée nationale de la mémoire le 8 mai, où le TNA a organisé la représentation de l’opérette Maâlim de la coopérative culturelle Afkar oua founoun d’El Eulma. Pourtant, selon Djamel Guermi, directeur artistique du TNA, un programme riche a été élaboré en prévision d’un éventuel allégement des horaires de confinement tant attendu, mais la recrudescence de la pandémie n’a pas permis cela. Cependant, le TNA, pour rester en contact avec son public, s’est également converti à l’activité virtuelle avec la projection via sa chaîne.
La co-organisation a permis à deux structures culturelles, l’Agence algérienne pour le rayonnement culturel (AARC) et l’Entreprise nationale des arts graphiques (Enag), de tenir des rencontres littéraires, deux fois par semaine, durant tout le mois sacré. Ce sont près d’une dizaine d’auteurs qui se sont succédé à la librairie Mediabook de l’Enag, pour présenter leurs œuvres et débattre de l’actualité littéraire nationale et internationale, même si parfois le public n’était au rendez-vous.
Hakim Metref