Législatives 2021 : Prêts pour la campagne

Après la confection, puis la validation des listes électorales, vient la campagne électorale, prévue du 17 mai au 8 juin prochain.

Partis politiques et candidats indépendants s’activent pour séduire et convaincre les électeurs. Rencontrée au siège de son parti à Dely Brahim, la présidente de TAJ évoque un changement dans la vision politique. Fatima-Zohra Zerouati a instauré un code d’engagement du candidat. Il s’agit d’un document d’une dizaine de points qu’il devra signer, comprenant le respect de la discipline du parti et de ses engagements devant les électeurs et l’adoption d’un comportement exemplaire au sein de l’APN. Pour Zerouati, «la classe politique doit contribuer à apporter des solutions et la classe politique reprendre sa place et se réconcilier avec le citoyen». Ne s’étant pas présentée aux élections, la responsable dit préférer voir d’autres compétences émerger. Chargé de la communication au Mouvement El Bina, Salah Hocine souligne que son parti active à longueur d’année. Actuellement, il s’attelle à la supervision du travail des bureaux de wilaya. El Bina a installé, il y a un mois, un comité national des élections en soutien aux comités de wilaya qui réunissent des membres du parti, notamment les cadres. Hocine confirme, au passage, que la candidature de Baraâ, le fils du président du parti, a été présentée par le comité de la wilaya d’Alger. «C’est un membre très actif», ditil. Même ambiance au QG du RND où Moundir Boudène, membre du bureau national, évoque des préparatifs qui vont bon train. Une cellule centrale disposant de moyens de technologies modernes est en relation avec les cellules de wilaya. «Le RND, confie-t-il, planche aussi sur les recours et finalise le programme de sorties du SG durant la campagne.» Selon Raouf Maâmri, chargé de la communication au Front Al Moustakbal, une direction de campagne a été installée la semaine dernière. C’est lui-même qui la dirige avec Chemseddine Oumdour, membre du bureau national. «Nous avons déjà rencontré les coordinateurs de wilaya pour les orienter et leur expliquer la méthode de travail s’agissant de l’organisation de meetings», affirmet-il. A l’en croire, l’affiche électorale et le slogan de campagne sont déjà prêts. Le parti n’en est pas à sa première expérience électorale. «C’est la troisième fois que nous prenons part à des législatives», rappelle-t-il. Au parti Jil Jadid, les membres du secrétariat national ont planché sur les aspects organiques et ceux liés à la communication et mis en place une direction de campagne. Le parti de Soufiane Djilali «veut miser sur la jeunesse, apte et compétente à réaliser le renouveau politique». Et c’est à cet effet que Djilali a refusé de présenter sa candidature. Le président du MSP indique avoir élaboré un programme spécial en prévision de la campagne qui comporte des meetings et des interventions sur les médias et les réseaux sociaux. Abderrazak Makri se dit persuadé que «le développement auquel aspirent les Algériens ne peut se réaliser sans des élections libres et régulières», avant de plaider pour la réunion des conditions nécessaires à leur bonne organisation.
Charfi rassure
Après avoir rencontré une vingtaine de présidents de partis politiques, Mohamed Charfi, président de l’Autorité nationale indépendante des élections (Anie), s’est entretenu, mercredi dernier, avec des représentants de candidats indépendants venus de 9 wilayas. Lors d’un point de presse organisé àl’issue de la rencontre, il a affirmé que de nombreuses préoccupations ont été abordées. «Elles concernent essentiellement les modalités de contrôle des prochaines élections législatives», a précisé Charfi. Selon lui, «les indépendants ont insisté sur leur droit de siéger dans les bureaux de vote pour pouvoir surveiller le déroulement de l’opération électorale». Des explications ont été fournies sur les aides décidées par le chef de l’Etat au profit des jeunes candidats.
Rappelant que, à cet effet, un décret exécutif a été publié au Journal officiel, le président de l’Anie a exhorté les intéressés à le consulter «pour éviter toute fausse interprétation». Il a surtout assuré qu’avant l’entame de la campagne électorale, toutes les conditions seront réunies pour la réussite de cette étape électorale. «Les concurrents auront toute l’aide matérielle pour mener une campagne moderne et conforme aux normes démocratiques universelles», a-t-il lancé. «Les nouvelles candidatures ont apporté du sang neuf. Tout le monde est conscient que le changement doit s’opérer par les idées, les méthodes et la qualité des candidats. Chacun doit apporter sa touche», a-t-il expliqué. Charfi a ensuite souligné que la campagne électorale se distinguera par l’installation au siège de l’Anie d’une cellule managériale de santé. Elle sera composée d’un professeur en médecine et de deux maîtres-assistants. Un médecin appelé Covid manager sera chargé, au niveau de chaque wilaya, de présenter en temps réel des informations à la cellule. Il a annoncé que 58 médecins au service de l’Anie sont déjà mobilisés. Enfin, Charfi a fait savoir que tout est prêt pour le bon déroulement de la campagne. «Des dispositions ont été prises pour garantir une concurrence loyale entre les candidats et surtout se protéger au mieux contre la propagation du coronavirus», a-t-il conclu.
Samira Sidhoum et Karima Alloun